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Si Dieu est parfaite, comment comprendre les versets qui disent que Dieu s'est repentis?

Si Dieu est, de nature, parfaite, et si à partir de la perfection de sa nature on peut déduire que toutes ce qu’il fait est parfait, alors pourquoi est-ce que la Bible dit de Dieu qu’il s’est repentis à certaines occasions? Par exemple, en Genèse 6 :5-6 on lit, « L’Éternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre; et que chaque jour son cœur ne concevait que des pensées mauvaises. L’Éternel regretta d’avoir fait l’homme sur la terre, et son cœur fut affligé. »[1] Ailleurs Dieu dit qu’il va se repentir, « Mais si cette nation, à propos de laquelle j’ai parlé, revient de sa méchanceté, Je regrette le mal que j’avais médité de lui faire. »[2] Ces fait soulèvent un autre problème parce que certaines personnes pourraient vouloir dire que la Bible se contredit; parce que la Bible enseigne que Dieu s’est repentis à plusieurs reprises, mais affirme, en même temps, que « Celui qui est la force d’Israël ne ment pas et n’a pas de regret, car il n’est pas un être humain pour éprouver du regret. »[3] Pourquoi est-ce que ces affirmations pose un problème pour la perfection divine?

Pour pouvoir se repentir, ou avoir du regret, il faut avoir posé une action (des paroles, un pensée, etc.) qui, après coup, est reconnu comme avoir était une mauvaise action (parole, pensée, etc.). Réalisant qu’on aurait fait quelque chose de pas bien on éprouve du regret, et on se repent d’avoir fait cette action (dit ses mots, pensée de cette manière, etc.). Il semblerait, alors, que pour être en mesure d’éprouver du regret, ou de se repentir, on doit faire quelque chose qu’on n’aurait pas dû faire, ou on doit avoir abstenu de faire quelque chose qu’on aurait dû faire. Si quelqu’un se repentis, alors ses actions ne sont pas parfaites. La Bible affirme très clairement (Dieu lui-même le dit) que Dieu s’est repentis ou qu’il va se repentir. Il s’ensuit que les actions divines ne sont pas parfaites. Mais si les actions divines ne sont pas parfait, alors il semblerait qu’on n’est pas justifié de dire que Dieu est, de nature, parfait.

Comment répondre à une telle difficulté? Il y a trois réponses possibles. On pourrait, premièrement, dire que nous avons démontré qu’il y a un être qui est la cause intelligent de tout ce qui existe, et que cette être est acte pure, absolument simple, et parfait. Si le Dieu de la Bible s’est repentis de quelque chose, alors il n’est pas parfait. Donc, le Dieu de la Bible n’est pas le seul vrai Dieu. Cette réponse va avoir le résultat soit qu’on rejette la Bible au complète (toute en acceptant l’existence de ce qu’on pourrait appeler le Dieu des philosophes), soit, comme quelques hérétiques de l’église primitive, on pourrait déclarer que le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas le seul vrai Dieu, et que seulement le Dieu du Nouveau Testament est le seule vrai Dieu. Ces deux types de réponses sont, en essence, la rejection du Christianisme historique; mais on n’est pas obliger d’aller à ces extrêmes parce qu’il y a une autre manière de répondre à ces difficultés.

Une deuxième réponse possible serait de dire que la Bible affirme ailleurs que Dieu ne se repentis pas, alors on doit interpréter les versets qui disent que Dieu se repentis à la lumière de ceux qui disent qu’il ne se repentis pas.[4] Nous avons déjà vue 1 Samuel 15 :29,  mais on pourrait, aussi, mentionné Nombres 23 :19 qui dit, « Dieu n’est pas un homme pour mentir, Ni fils d’Adam pour avoir du regret. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas? Ce qu’il a déclaré, ne le maintiendra-t-il pas? »[5]  On pourrait mentionnée Jérémie 4 :28, « À cause de cela, le pays est en deuil, et les cieux en haut sont obscurcis; Car je l’ai dit, tel est mon dessein, et je ne le regrette pas, Je ne reviens pas là-dessus. »[6] Ou Ézéchiel 24 :14, « Moi, L’Éternel, j’ai parlé, cela arrivera, et je l’exécuterai; je ne reculerai pas et je n’aurai pas de pitié ni de regret. On te jugera selon ta conduite et selon tes actions,—oracle du Seigneur l’Éternel. »[7] Il y a trois problèmes avec cette réponse. Premièrement, tous les versets qui affirme que Dieu ne se repentis pas sont dites dans le contexte d’une affirmation ou action divine (passé, futur, ou présent). On ne dit pas, de manière absolue, que Dieu ne se repentis pas. Deuxièmement, il arrive, parfois, que dans le même contexte où on affirme, de la manière la plus forte, que Dieu ne se repentis pas, on affirme, aussi, que Dieu s’est repentis. Par exemple, en 1 Samuel 15 :29 Samuel dit à Saul, en rapport avec le fait que Dieu allait enlever, de Saul, la royauté d’Israël, que « Celui qui est la force d’Israël ne ment pas et n’a pas de regret, car il n’est pas un être humain pour éprouver du regret. »[8] À la fin du chapitre, 16 versets plus tard, on dit que « Samuel avait pris le deuil sur Saul, parce que l’Éternel avait eu du regret d’avoir fait régner Saul sur Israël. »[9] Qu’est-ce qu’on fait avec ces deux affirmations? Dieu n’est pas un être humain pour éprouver du regret, mais l’Éternel avait eu du regret d’avoir fait régner Saul sur Israël. Pourquoi est-ce qu’on doit interpréter les versets qui disent que Dieu se repentis à la lumière de ceux qui disent qu’il ne se repentis pas? Pourquoi ne pas interpréter les versets qui disent que Dieu ne se repentis pas à la lumière de ceux qui disent qu’il se repentit? Autrement dit, si tous les versets qui disent que Dieu ne se repentis pas sont en rapport avec des actions ou affirmations divine particulières, alors pourquoi est-ce qu’on ne fait pas comprendre que ces affirmations sont vraies en rapport avec les actions ou affirmations divine qui sont leur sujet, mais que ce n’est pas vrai, de manière absolue, que Dieu ne se repentis pas (il ne se repent pas de certaines actions ou paroles, mais il se repent d’autres actions ou paroles). Une telle explication nous permettrait de comprendre la Bible de manière littérale, sans être obligé d’expliquer un ensemble de versets difficile. On pourrait répondre : « Mais on sait que la description qui dit que Dieu ne se repentis pas est celui qui est vrai, parce qu’on nous dit qu’il ne se repentis pas parce qu’il n’est pas un homme. » Mais, comme John Sanders fait remarquer, même si on augment notre principe en disant que lorsqu’on affirme que Dieu est X parce qu’il n’est pas un homme, notre problème n’est pas disparu parce en Osée 11 :8-9 Dieu dit qu’il se repenti d’une action qu’il allait faire,[10] parce qu’il n’est pas un homme.[11] Osée 11 :8-9 dit, « Comment pourrais-je te traiter, Éphraïm? Pourrais-je te livrer, Israël? Comment pourrais-je te traiter comme Adma? Te rendrais-je semblable à Tseboim? Mon cœur est bouleversé, Toute ma pitié s’émeut. Je n’agirai pas selon mon ardente colère, Je ne reviendrais pas détruire Éphraïm; Car moi je suis Dieu, et non pas un homme, je suis le Saint au milieu de toi; Je ne viendrai pas avec colère. » Autrement dit, notre principe, même avec un renforcement, nous laisse avec une contradiction dans la Bible qu’on ne peut pas résoudre par notre principe.[12] Le troisième problème est qu’il n’y a aucun principe biblique par lequel on pourrait soutenir le principe (on doit interpréter les versets qui disent que Dieu se repentis à la lumière de ceux qui disent qu’il ne se repentis pas) suggéré par la deuxième approche. Pourquoi, alors, accepter un certain principe?

            La troisième réponse se base sur ce que nous avons déjà découvert concernant Dieu. On sait, parce qu’on l’a démontré philosophiquement, que Dieu est nécessairement parfait. La Bible confirme et affirme cette conclusion. Dans son livre Language for God in Patristic Tradition : Wrestling with Biblical Anthropomorphism, Mark Sheridan fait remarquer que les pères de l’Ancien Église, lorsqu’ils enseignaient sur des versets biblique qui attribué des caractéristiques humaines à Dieu ils utilisé un principe d’interprétation que Sheridan appelle le principe de ce qui est digne ou approprié de dire de Dieu.[13] Il démontre que même l’apôtre Paul, dans ses interprétations de l’Ancien Testament utilisé ce principe.[14] Sheridan cite une section du commentaire de Didyme l’aveugle d’Alexandrie dans lequel ce principe (qu’on doit interpréter les textes attribuant des caractères humaines à Dieu d’une manière qui est digne de Dieu) est utilisé pour interpréter les versets qui disent que Dieu s’est repentis.[15] Pour Didyme, si Dieu est immuable, alors il ne peut pas se repentir. Alors lorsqu’on lit un texte biblique qui affirme que Dieu s’est repenti, où éprouver du regret, il faut comprendre que Dieu veut nous enseigner quelque chose par cette attribution. Autrement dit, il faut comprendre qu’on c’est une attribution anthropomorphique qui explique quelque chose de Dieu (ou à notre sujet) qui n’est pas facile à expliquer. Pour Didyme quand la Bible dit que Dieu s’est repenti Dieu est en train de nous enseigner sur l’ampleur et nature horrifique du péché.[16]

Une autre manière de comprendre ces versets est de les voir comme une explication humaine des actions divines. Dieu est parfait et il est, comme nous allons démontrer, immuable, alors ce n’est pas possible pour Dieu de se repentir (autrement dit, il ne peut pas faire quelque chose, la regretté, et reconnaître qu’il n’aurait pas dû le faire). Mais, il y a certaines actions divines qu’on pourrait décrire, dans des termes humaines, comme la repentance. Quand un personne se repentis il cherche à défaire son action, ou à reprendre ses mots. Quand on voit une action divine qui ressemble à ce type d’action (par exemple, Dieu créée l’humanité, et, par la suite, les détruis), alors on peut dire que Dieu s’est repentis d’avoir créée l’homme, et ceci parce que ses actions ressemblent ceux d’un homme repentant.

             Cette troisième réponse pourrait être résumée de la manière suivant : On explique des anthropomorphismes qui sont attribué à Dieu, dans leurs contextes, basés sur ce qui est digne ou approprié d’affirmer de Dieu. Pour expliquer une illustration, image, anthropomorphisme, etc. on doit, par exemple, être en mesure de reconnaître que c’est une illustration, image, ou anthropomorphisme. Comment est-ce qu’on reconnaît qu’un verset est en train de parler de manière imagé de Dieu? La seule manière est de savoir, à l’avance, quelque chose de Dieu. Il faut savoir, avant d’arriver au texte en question, que Dieu est parfait, immuable, etc. Nous avons déjà vue que de comparé un texte biblique avec un autre n’est pas assez, parce qu’on ne nous donne pas une manière de savoir quel texte devrait prendre précédence dans l’interprétation. C’est ici que la théologie naturelle nous aide dans l’interprétation de la Bible. Par la théologie naturelle on démontre que Dieu est parfait, immuable, etc., ainsi ce qu’on veut dire par ces termes quand on les applique à Dieu. Quand on arrive à la Bible, et on lit que Dieu s’est repentis, on peut savoir, immédiatement (parce qu’on a déjà une idée, même si ce n’est pas complète ou claire, de ce que Dieu), qu’on est face à un anthropomorphisme qui doit être expliqué, dans sa contexte, pour qu’on n’attribue pas, à Dieu, quelque chose qui n’est pas digne de Dieu. La troisième réponse nous aide à comprendre que l’affirmation que Dieu s’est repenti ne peut pas être dite, de manière littérale, de Dieu, mais doit être interprété face au fait que Dieu est parfait, comme on vient de démontrer.


[1]Gen. 6 :5-6. Cf. Gen. 6 :7, Ex. 32 :14, Jug. 2 :18, 1 Sam. 15 :35, Ps. 106 : 45.

[2]Jér. 18 :8. Cf. Deut. 32 :36, Jér. 18 :10, 26 :3, 42 :10, Jonas 3 :9.

[3]1 Sam. 15 :29. Cf. Nomb. 23 :19, Jer. 4 :28, Ézé. 24 :14.

[4]Surtout si le verset accentue la description en disant que Dieu est X parce qu’il n’est pas un homme.

[5]Nomb. 23 :19.

[6]Jér. 4 :28.

[7]Ézé. 24 :14.

[8]1 Sam. 15 :29.

[9]1 Sam. 15 :35b.

[10]Cf. Osée 9:16-17, 10:1-11.

[11]John Sanders, The God Who Risks: A Theology of Divine Providence, 2nd ed. (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2007), 74.

[12]Dieu se repentis parce qu’il n’est pas un homme et Dieu ne se repentis pas parce qu’il n’est pas un homme.

[13]Mark Sheridan, Language for God in Patristic Tradition: Wrestling with Biblical Anthropomorphism (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2014), 33, 41-43, 44, 66, 68, etc.

[14]Ibid., 82, 88-89.

[15]Ibid., 116.

[16]Ibid.

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