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Une voie Pré-Philosophique (Existentielle?) vers Dieu

            Jacques Maritain, dans son livre Approaches to God, présente ce qu’il appelle une voie vers Dieu qui est pré-philosophique (c’est important à noter que lorsqu’on parle d’un « Voie vers Dieu » on ne parle pas d’une manière d’atteindre la présence même de Dieu, ce qu’on appelle, souvent, le ciel (la vision béatifique, la vision de Dieu, etc.). Au contraire, le phrase « voie vers Dieu », dans le contexte des démonstrations de l’existence de Dieu, ne signifie rien d’autres qu’une manière par lequel on sait, ou par lequel on peut savoir, que Dieu existe.). L’argument, qui n’est pas présenter dans une forme logique (parce que c'est plus un suite d'expériences qu'un argument logique), mais comme une suite des expériences, est, donc, comme un forme de démonstration existentielle ou de l’expérience humaine.[1] Maritain explique que « C’est un raisonnement sans mots, qui ne peut pas être exprimé dans une manière bien articulé sans sacrifié la concentration vitale et la rapidité avec lequel il prend place. »[2] 

           Certaines penseurs protestants, et modernes, aurait parler d’un genre d’intuition de Dieu par lequel l’être humain saisi, d’une manière nébuleux et primitive, qu’il doit y avoir un être qui est l’auteur de leur existence (ainsi que de l’existence de tout ce qu’ils voient).[3] Cette intuition n’a pas, forcément, beaucoup de contenus, et pourrait, chez certaines, n’être rien d’autres que l’intuition de transcendance dans un moment d’émerveillement devant la grandeur de l’univers.[4] Certaines vont toute suite rejeté cette expérience comme étant un moment de crise existentielle, d’autre vont l’expliquer comme étant un moment d’union parfait entre l’univers et leur âme, d’autre, encore, vont l’expliquer comme la réalisation de l’existence d’un Dieu suprême. 

           Maritain explique que « Dans cette raisonnement [primitive, non-scientifique, et existentielle] naturelle ce n’est que l’intuition de l’existence qui, saisissant dans une réalité existant l’être-avec-non-être, par le même mouvement fait en sorte que l’esprit saisi la nécessité de l’être-sans-non-être…Il implique un raisonnement, mais un raisonnement qui est comme une compréhension intuitive, baigné dans l’intuition primordial de l’existence. »[5] Cet argument, qui est plus un mouvement intuitif de l’homme qu’un argument, pourrait être expliqué de la manière suivante :

1.      Je suis.
2.      Je peux cesser d’exister (ou mourir), autrement dit, Je suis un être-mêlé-avec-non-être.
3.      Il doit y avoir, pour que j’existe (un être-mêlé-avec-non-être), un être-non-mêlé-de-non-être.
4.      Mon existence (être-mêlé-avec-non-être) se dépends de l’existence de l’univers au complète.
5.      L’univers a le même type d’existence que moi (être-mêlé-avec-non-être), parce que je fais partie de l’univers.
6.      Il doit exister, alors, pour que moi et l’univers continue à exister (tous les deux des êtres-mêlé-avec-non-être), une chose qui existe mais qui ne peut pas cesser d’exister (un être-non-mêlé-de-non-être).[6]

C’est probablement de ce type de connaissance de Dieu à laquelle beaucoup de théologiens font appelle quand ils disent que toute l’humanité sait que Dieu existe.[7] Maritain explique que ce voie vers Dieu n’est pas nouveau, mais que c’est la manière dont l’homme expérimente son existence.[8] Maritain explique, également, que les démonstrations que Dieu existe sorte de cette connaissance naturelle et pré-philosophique.[9]



[1]C’est important à noter que lorsqu’on parle de l’existentialisme, ou d’un mouvement de la pensée qui est qualifié d’ « existentielle », on ne parle pas de l’existence propre (ou de l’être en tant qu’être), mais de l’expérience de l’existence humaine. Carl A. Raschke, par exemple, dans un article sur la foi et la raison, explique que « existentialism means starting from the standpoint of ‘existence’—my life, my longings, my anxieties and my passions—rather than from some abstract premise or proposition that can be elaborated ‘rationally’ into a set of general inferences or conclusions. (Carl A. Raschke, “Faith and Philosophy in Tension,” dans Faith and Reason: Three Views, ed., Steve Wilkens (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 2014), 52. »

[2]Maritain, Approaches to God, trans. Peter O’Reilly (New York: Macmillan, 1954), 20.

[3]Ceci nous fait penser à la sensus divinitatus de Jean Calvin.

[4]Thomas d’Aquin, dans le Somme Théologiae, dans sa réponse à la première objection, explique que « À la première, alors, il faut dire que de savoir que Dieu est, de manière commun (ou générale), et de manière confus, est implanté en nous par nature, en ce que Dieu est la béatitude (le bien ultime) de l’homme. Mais l’homme désire naturellement son bien ultime, et ce qui est naturellement désiré par l’homme est naturellement connu par l’homme. Mais ce n’est pas de connaître, tout simplement, la nature de Dieu; comme de savoir que quelque chose s’en viens n’est pas de savoir que Pierre s’en viens, quoique c’est Pierre qui s’approche. En effet, plusieurs s’imagine que la parfaite bonté de l’homme est le bonheur, ou d’être riche, ou dans les passions, ou dans d’autres choses semblables. » Traduction le mien. En Latin on lit, « Ad primum ergo dicendum quod cognoscere Deum esse in aliquo communi, sub quadam confusione, est nobis naturaliter insertum, inquantum scilicet Deus est hominis beatitudo, homo enim naturaliter desiderat beatitudinem, et quod naturaliter desideratur ab homine, naturaliter cognoscitur ab eodem. Sed hoc non est simpliciter cognoscere Deum esse; sicut cognoscere venientem, non est cognoscere Petrum, quamvis sit Petrus veniens, multi enim perfectum hominis bonum, quod est beatitudo, existimant divitias; quidam vero voluptates; quidam autem aliquid aliud. »

[5]Maritain, AG, 22-23.

[6]Ibid., 20.

[7]Ce qui donne une interprétation assez intéressante de Romains 1 :18-20.

[8]Ibid.

[9]Ibid., 22.

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