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Cornelius Van Til & la Théologie Naturelle

            Cornelius Van Til, le père du système apologétique qu’on appelle le présuppositionalisme, a souvent était décrit comme un ennemis de la théologie naturelle. Michael Bird, par exemple, dans son Evangelical Theology, présente Cornelius Van Til comme étant un des théologiens réformé qui est bien connu comme ayant était opposé à la théologie naturelle. Bird affirme que, « Cornelius Van Til a rejeté la théologie naturelle motivé principalement parce que c’était une doctrine Catholique Romaine qui sous-estimait le péché et surestimait la capacité humaine à percevoir Dieu sans la révélation spéciale. »[1] La vraie histoire n’est pas aussi simple que Bird laisse entendre. La réalité est que Van Til n’était pas contre la théologie naturelle. Comment est-ce que Van Til, qui adhéré à la Calvinisme et la Confession de foi de Westminster, et qui pensait avoir proposé la meilleure interprétation de Calvin, aurait pu nier la théologie naturelle ? Van Til n’a pas nié la théologie naturelle, il l’a qualifié pour qu’elle meure d’un millions de qualifications. Regardons, rapidement, comment Van Til voyait la théologie naturelle. On commence en considérant comment Van Til aurait défini la théologie naturelle. La théologie naturelle est, pour Van Til, le raisonnement humain à partir de la nature vers Dieu, son existence et ses attributs.[2]

Considère, deuxièmement, ce que Van Til voit comment étant le contenus de la révélation naturelle. Selon Van Til, l’homme devait/devrait être capable d’apprendre de la nature, au sujet de Dieu, que Dieu existe,[3] que Dieu est le créateur de tout l’univers,[4] que Dieu est être illimité, [5] que Dieu est suffisante en soi,[6] que Dieu est l’absolue,[7] que Dieu est puissante,[8] que Dieu est providentiellement en contrôle de l’univers,[9] que Dieu est la source des lois morales et naturelles,[10] que Dieu préserve et juge l’univers,[11] etc.

Van Til affirme, troisièmement, que la théologie naturelle (comme défini) est possible, à la fois pour le croyant et pour l’homme non-régénérée. Il dit, en effet, que « le monde créée est l’expression de la nature de Dieu. Si quelqu’un connait ‘la nature’ véritablement, alors il connait, aussi, le Dieu de la nature véritablement. »[12] À la lumière de ceci, considère, premièrement, ce que Van Til dit concernant la connaissance naturelle que l’homme non-régénérée possède de Dieu, « il y a deux sens dans lesquels on peut dire qu’il [l’homme] a de la connaissance. L'homme naturel a connaissance, la vraie connaissance de Dieu, dans le sens que Dieu, à travers la nature et la conscience propre de l'homme, impressionne sa présence sur l'attention de l'homme. Si certaine et inévitablement a-t-il [Dieu] fait ceci que, autant qu’il peut essayer, l'homme ne peut pas s’échapper de la connaissance de Dieu. »[13] Et encore, « Ayant ‘sans Dieu dans le monde’ l’homme naturel connait, malgré ceci, Dieu, et, malgré soi-même, reconnait, à un certain mesure, Dieu. »[14] Et encore, « On suivrait Calvin en disant que, objectivement, ‘la vérité de la révélation générale, quoiqu’obscurci à un certain mesure par le péché, ne cesse pas de révélé Dieu avec assez de clarté que l’homme est rendu sans excuse. »[15] On pourrait regarder l’appendice que Van Til a écrit pour raffiné ce qu’il avait dit en chapitre 2. Il se défend, contre certaines critiques, en disant ceci, « Suivant Calvin je parle, par la suite, du fait que tous les hommes connaissent inévitablement Dieu (Rom. 1:19). Tous les hommes, même après la chute, savent, au fond de leur cœur, qu'ils sont des créatures de Dieu, qu'ils doivent donc obéir, mais qu'ils ont effectivement brisé la loi de Dieu. »[16] Noté, deuxièmement, que l’homme pré-chute était capable de connaître Dieu à partir de la nature,[17] et, troisièmement, que l’homme régénérée est capable de connaître Dieu à partir de la nature.[18] Donc, il semblerait que Van Til pense que l’homme (pré-chute, post-chute, et régénérée) est capable de connaître quelque chose au sujet de Dieu à partir de la nature (ce qui comprends la nature humaine et la conscience humaine).

Jusqu’à maintenant Van Til semblerait être d’accord, à 100 pour cent, avec les autres théologiens que nous avons regardés. Pourquoi, alors, est-ce qu’il y a autant de personnes qui pensent que Van Til nier la possibilité de la théologie naturelle ? Cette idée vient de Van Til lui-même. Van Til nie constamment (en contradiction à ce qu’on vient de voir) que l’homme post-chute (même régénérée) est capable de connaître quelque chose de Dieu de la nature à moins qu’il présuppose la vérité du Christianisme trinitaire et interprète le monde comme guidé par l’Esprit-Saint.[19] En effet, Van Til nie la validité des arguments traditionnelles qui cherchent à démontrer que Dieu existe en disant « Nous ne hésitons pas à affirmer qu'ils sont invalide. S’ils étaient valides, le Christianisme ne serait pas vrai. »[20] Ailleurs Van Til nie que l’homme est capable de raisonné, à partir de la nature, pour arriver à une connaissance (à des vérités) de Dieu, « Après que le péché est entré dans le monde, personne ne peut connaitre, de lui-même, la nature comme il faut, et personne ne peut connaître l'âme de l'homme comme il faut. Comment donc l'homme pourrait raisonner de la nature au Dieu de la nature et obtenir quelque chose d’autre qu’une notion déformée de Dieu? »[21] Van Til affirme que l’homme chuté raisonne de manière « univoque », et que « par le raisonnement univoque, on ne peut jamais trouver la vérité au sujet de Dieu, soit en rapport avec son existence, soit en rapport avec son être. »[22] En fait, par ce « type » de raisonnement on ne peut trouver qu’un fausse Dieu.[23] Regardons une dernière citation, « Il suite que personne ne peut comprendre, véritablement, la révélation de Dieu dans la nature à moins qu’il comprend, premièrement, la révélation de Dieu dans les Écritures. »[24]

Comment, alors, comprendre Van Til ? Est-ce qu’il pense que la théologie naturelle est possible ou non ? En fait, nous n’allons pas prendre en compte la position de Van Til parce que sa position est clairement contradictoire. Il affirme, à la fois, (1) que la théologie naturelle (la connaissance de Dieu que l’homme peut avoir à partir de la nature) est possible (pour les hommes non-régénéré autant que pour les hommes régénérés et pré-chute, et ceci, malgré l’effet noétique du péché), et (2) que ce n’est pas possible (pour les hommes non-régénéré autant que pour les hommes régénérés, et ceci, à cause de l’effet noétique du péché). Face à cette contradiction claire nous ne voyons aucun raison de prendre la position de Van Til en compte. À la limite on est capable de dire que Van Til pense, sans se contredire, que la théologie naturelle est possible pour les croyants qui sont soumis à l’esprit. Donc, pour Van Til, la théologie naturelle est possible—Dieu se révèle à travers la nature.



[1]Bird, ET, 185. Traduction le mien. En Anglais on lit, « Cornelius Van Til rejected natural theology chiefly from the motivation that it was a Roman Catholic Doctrine that underestimated sin and overestimated the human ability to perceive God apart from special revelation.”

[2]Cf. Cornelius Van Til, An Introduction to Systematic Theology, vol. 5 of In Defense of the Faith (1974; repr., Phillipsburg, NJ: P&R Publishing, 1982), 1, 14, 56, 57, 72-73, 100-109.

[3]Ibid., 27, 100, 106.

[4]Ibid., 76, 102, 106.

[5]Ibid., 102.

[6]Ibid.

[7]Ibid., 106.

[8]Ibid., 100.

[9]Ibid., 103.

[10]Ibid.

[11]Ibid., 106.

[12]Ibid., 26. Traduction le mien. En Anglais on lit, “The created world is expressive of the nature of God. If one knows ‘nature’ truly, one also knows nature’s God truly.”

[13]Ibid., 27. Traduction le mien. En Anglais on lit, « there are two senses in which we may speak of his having knowledge. The natural man has knowledge, true knowledge of God, in the sense that God through nature and man's own consciousness impresses his presence on man's attention. So definitely and inescapably has he done this that, try as he may, man cannot escape knowing God. » Cf. Ibid., 90, 93, 100, 104.

[14]Ibid., 27. Traduction le mien. En Anglais on lit, “Being ‘without God in the world’ the natural man yet knows God, and, in spite of himself, to some extent recognizes God.”

[15]Ibid., 59. Traduction le mien. En Anglais on lit, “We would follow Calvin in saying that, objectively, ‘the truth of general revelation, though obscured to some extent by sin, still reveals God with sufficient clearness to render man without excuse.’”

[16]Ibid., 253. Traduction le mien. En Anglais on lit, “Following Calvin I then speak of all men as unavoidably knowing God (Rom. 1:19). All men, even after the fall, know, deep down in their hearts, that they are creatures of God, that they should therefore obey but that they have actually broken the law of God.”

[17]Ibid., 59, 72, 100, 101.

[18]Ibid., 61, 75.

[19]Ibid., 54, 57, 61, 66, 69, 71, 84, 197, etc.

[20]Ibid., 198. Traduction le mien. En Anglais on lit, « We do not hesitate to affirm that they are invalid. If they were valid, Christianity would not be true. » On se demande pourquoi il dit que les arguments sont invalide, parce que comme nous allons voir (et comme des multitudes de philosophes chrétiens ont déjà démontré) ces arguments sont valide. On est obligé de dire soit que Van Til ne comprends pas ce qu’il dit, ou qu’il utilise le mot « valide » dans un autre sens que la sens qui est utilisé, habituellement, dans le logique (et lorsqu’on dit qu’un argument est valide ou invalide).

[21]Ibid., 72. Traduction le mien. En Anglais on lit, « After sin has entered the world, no one of himself knows nature aright, and no one knows the soul of man aright. How then could man reason from nature to nature's God an get anything but a distorted notion of God? » Cf., Ibid., 101.

[22]Ibid., 101. Traduction le mien. En Anglais on lit, « By univocal reasoning, one can never find the truth about God, either as to his existence or as to his being. »

[23]Ibid., 57, 101, 104.

[24]Ibid., 57. Traduction le mien. En Anglais on lit, « It follows that no one truly understands the revelation of God in nature unless he firsts understands the revelation of God in Scripture. »

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