Monday, June 30, 2014

DIEU ET LE PROBLÈME DU MAL

(An English version of this article can be found here.)

Introduction

Le problème du mal est un problème humain, et il est une des questions les plus difficiles à laquelle n'importe quel  penseur pourrait essayer de répondre, ou même tenter de régler. Pourquoi est-ce? Le problème du mal est une réalité que nous avons toute affaire avec, d'une manière ou d'une autre, parce que nous avons tous été touchés, d'une manière ou d'une autre, par le mal ou la souffrance. 

Aussi loin dans le passé que l'histoire humaine peut nous prendre, les humains ont lutté avec la douleur et la souffrance.[1] Certaines des cultures antiques les plus connues ont tenté d'expliquer le mal et la souffrance comme étant causées par les dieux. Ils disaient, "Si je vais bien, florissant, connaît un succès, c'est parce que les dieux sont heureux avec moi. Si je souffre, d'une maladie, ou l'échec, ou si je suis frappé par la «malchance» ou suis tué, c'est parce que, j’ai soit déplu aux dieux, ou quelqu'un a tourné les dieux contre moi."

Les premiers philosophes ont aussi essayé d'expliquer le problème du mal et de la souffrance. Pythagore a expliqué le mal par un dualisme divin. Un Bon Dieu est responsable de tout le bien dans le monde, et un dieu maléfique est responsable de tout le mal dans le monde. Les sophistes à l'époque de Platon et Socrate refuser l'objectivité de la vérité, et, si la vérité n'est pas objective, alors il n'y a pas une telle chose comme la bonté ou le mal. Pour Platon, et les néo-platoniciens à travers les siècles, le Bon est le principe ultime, quelque chose comme ce que les chrétiens appellent Dieu. Le mal ne pourrait provenir de ce qui est purement bon, donc il devait venir d'une autre source. La matière était proposée comme étant la source du mal et tous les maux que nous éprouvons proviennent de là. Notons, à ce stade, qu’il y avait une vision commune qui se développer dans l'esprit de ces cultures, ces religions et ces grands philosophes : que le mal ne pouvait pas venir de ce qui était parfaitement bien.

Épicure semble être le premier philosophe à douter de la bonté des dieux, ou de Dieu, sur la base de l'existence du mal. Pour Épicure l'existence du mal a démontré que soit que les dieux ne sont ni bon ni juste et qu'ils ne pouvaient pas nous aider, soit qu'ils n'existaient pas.[2]

Le bouddhisme, d'autre part, nie la réalité du mal. Prétendre que par le rejet de tous les désirs, nous pouvons atteindre un niveau plus élevé d'être dans lequel nous ne vivrons pas mal.[3]

Le fait que tant de cultures, de religions, et de philosophes, ont tenté d'expliquer la réalité du mal montre que ce n'est pas seulement un problème humain, mais l'un des problèmes humains les plus importants. Quand on s’approche du problème du mal que nous rendons compte, tous d'un coup, qu'il y a, dans un sens, deux problèmes du mal: il y a le problème du mal personnel et il y a le problème philosophique de mal. Maintenant, le problème philosophique du mal est inspiré par le problème personnel de mal, et est un peu plus facile de répondre. Nous allons examiner le problème philosophique de mal, cependant, je tiens à souligner que la réponse au problème philosophique du mal est aussi une réponse au problème personnel du mal, même s’il n’est pas, peut-être, la réponse que nous recherchons, ou que nous voulons entendre.

Le problème personnel du mal peut être illustré par un certain nombre d'exemples. Quand j'étais jeune, mon grand-père est mort d'un cancer du cerveau. Cet homme qui était en mesure de tout faire, tout d'un coup, n'était même pas capable de prendre soin de lui-même. Quand je poursuivais mes études de Maitrise en Philosophie en Caroline du Nord, un des hommes qui prenait des classes avec moi a perdu son fils de 6 ans à un cancer rare et incurable, et, dans la même année, la femme d'un de mes professeurs a perdu son bébé avant la naissance. Comment est-ce que des choses si horribles pourraient arriver à des gens, que je connais personnellement qui étaient aussi bons? Voilà le problème personnel de mal. Il y a des réponses pour les problèmes personnels du mal, mais quand nous souffrons ce n'est pas les réponses qui pleurent avec nous et nous montrent l'amour. C. S. Lewis, un philosophe et apologète chrétien, et un homme qui a aussi été victime de la souffrance gratuite (il n'était pas un homme qui voulait nécessairement se marier, mais il est tombé en amour avec une femme, plus tard dans la vie, et il l’a perdu à une maladie quelques années plus tard.), a écrit deux livres sur le problème du mal: The Problem of Pain, et A Grief Observed. Dans A Grief Observed il écrit ses sentiments et ses pensées lorsqu’il lutter avec la perte de son seul véritable amour. Il écrit les mots suivants: « Pendant ce temps, où est Dieu? C'est l'un des symptômes les plus dérangeants. Quand vous êtes heureux, si heureux que vous n'avez pas l’impression d’avoir besoin de lui, si heureux que vous êtes tentés de ressentir ses revendications sur vous comme une interruption, si vous vous rappelez de vous-même et revenez à Lui avec gratitude et de louange, vous serez – ou, du moins, il se sent ainsi - accueilli à bras ouverts. Mais aller à Lui quand votre besoin est désespéré, quand toute autre aide est vaine, et que trouvez-vous? Une porte fermée dans votre visage, et un son de barrures et doubles barrures à l'intérieur. Après cela, le silence. Vous être probablement mieux de partir. Plus vous attendez, plus profond le silence deviendra ... »[4] Voilà le problème personnel du mal.

Avant de commencer notre étude du problème du mal, je tiens à dire, pour moi, quelque chose que C. S. Lewis dit dans la préface de son livre The Problem of Pain. C. S. Lewis a demandé d'écrire le livre anonyme parce que, « si je devais dire ce que je pensais vraiment de la douleur, je serais obligé de faire des déclarations qui donnent l’apparence d’un si grand courage qu'ils deviendraient ridicules si quelqu'un savait qui les a faites. »[5]

Dans cet article, nous allons regarder le problème du mal et comment il a été utilisé pour nier l'existence de Dieu. Ensuite, nous allons examiner les affirmations de cet argument pour voir si le mal pose un problème véritable pour la réalité de Dieu. Enfin, nous allons examiner l'explication chrétienne de mal.


Le problème du mal et Dieu

Différentes versions de l'argument à partir du mal contre l’existence de Dieu peuvent être trouvés un peu partout, mais, je vais seulement expliquer les deux versions les plus importantes.

Tout d'abord, David Hume, dans ses Dialogues Concerning Natural Religion, pose le problème de la manière suivant, « Les vieilles questions d'Épicure sont encore sans réponse. Veut-il [Dieu] empêcher le mal, mais incapable? alors il est impuissant. Est-il capable, mais ne veut pas? alors il est malveillant. Est-il à la fois capable et voulant? D’où vient, alors, le mal? »[6]

Le problème du mal selon Hume pourrait être décortiqué de la manière suivante :

1.      Si Dieu est omnibienveillant, alors il veut empêcher le mal.
2.      Si Dieu est tout-puissant, alors il est en mesure de prévenir contre le mal.
3.      Il y a du mal dans le monde.
4.      Donc, soit que Dieu n'est pas tout-puissant, soit que Dieu n'est pas omnibienveillant, soit qu’il est ni l’un ni l’autre.

J. L. Mackie, dans un article intitulé Evil and Omnipotence, a expliqué le problème du mal dans ce qui est probablement la forme la plus puissante. Il commence, dans son article, en expliquant la forme la plus simple du problème, « Dieu est tout-puissant; Dieu est totalement bon; et pourtant le mal existe. Il semble y avoir une certaine contradiction entre ces trois propositions, de sorte que si deux d'entre eux devaient être vrais, alors la troisième serait fausse. »[7]

Maintenant, bien sûr, il n'y a pas de contradiction dans les trois prémisses présentées, et Mackie note ce fait. Il continue, cependant, en disant que pour trouver une contradiction, il faut ajouter quelques prémisses supplémentaires. « Ces principes supplémentaires sont que le bien est opposé au mal, de manière à ce qu'une bonne chose élimine toujours le mal dans la mesure du possible, et qu'il n'y a pas de limites à ce qu’une chose toute-puissante peut faire. De ceux-ci, il s'ensuit qu'une bonne chose omnipotente élimine complètement le mal, et il s’ensuit que les propositions qu’une bonne chose omnipotente existe et que le mal existe sont incompatibles. »[8]

Son argument pourrait être décortiqué de la manière suivante:

1.      Dieu est omnipotent.
2.      Dieu est bon.
3.      Une bonne chose élimine toujours le mal autant que possible.
4.      Il n'y a pas de limites à ce qu’une chose toute-puissante peut faire.
5.      Le mal existe.
6.      Alors, un Dieu qui est omnipotent et bon n’existe pas.

Les arguments de Mackie et Hume disent, tous les deux, essentiellement la même chose. Nous pouvons les résumer dans l'argument suivant. Nous allons, cependant, renforcer l'argument en ajoutant une prémisse supplémentaire.

1.      Dieu est censé être omnibienveillant et tout-puissant. (Un tel être serait assez puissant pour empêcher le mal, et tellement bon qu’il voudrait empêcher le mal.)
2.      Dieu est omniscient. (Un être omniscient saurait comment empêcher le mal.)
3.      Si un être qui est tout-puissant, omniscient et omnibienveillant existe, alors le mal ne peut pas exister.
4.      Il est évident que le mal existe dans le monde entier.
5.      Donc, un être tout-puissant, omniscient et omnibienveillant n'existe pas.

Il semblerait, alors, que la réalité du mal est toute la preuve qui est nécessaire pour démontrer que Dieu, telle qu'il est compris par la plupart des théistes, n'existe pas.


Est-ce qu’il y a vraiment un problème?

Dans un syllogisme déductif, lorsque l'argument est logiquement valide, et les prémisses sont vraies, la conclusion découle nécessairement. Afin de montrer que la conclusion est fausse, vous devez démontrer que les prémisses (au moins un) sont fausses. Si une prémisse est fausse, ou peut être rejetée pour une raison ou une autre, la conclusion ne suit pas.[9]

J’aimerais suggérer que la conclusion ne suit pas des prémisses parce que certains des termes principaux dans les prémisses sont mal expliqués ou mal définis.[10] La conclusion du problème du mal, ainsi présentée, est due à un certain nombre d'idées fausses et de présuppositions non examinées en rapport avec le mal, la bonté, l'omnipotence et Dieu.

Tout d'abord, on présume que le mal est une réalité positive dans le même sens qu’un chien, un arbre, ou vous est des réalités positive. Cette présomption est vue dans la première prémisse où nous prétendons que le mal existe. La première question que nous devons nous poser est: de quelle façon le mal existe, et comment cela affecte l'argument? Cela signifie que nous aurons besoin d'expliquer ce qu'est le mal « est ».

La deuxième prémisse cache, aussi, un certain nombre de présuppositions non examinées: (1) la bonté est une catégorie morale (2) d'être tout-puissant veut dire : être en mesure de faire n’importe quoi – c'est-à-dire, pas de limites; (3) Dieu peut être défini.

La troisième prémisse est basée sur la présomption que Mackie introduit qui prétend que le bon cherche toujours, de la meilleure façon possible, à éliminer le mal. De plus, cette troisième prémisse présuppose que Dieu est un être moral qui peut être jugé sur la base de ce qu'il fait ou permet de se produire. Dieu est, soi-disant, une être qui est moralement bon et tout-puissant, et, il nous semble, qui sommes des créatures morales avec une certaine idée de ce que la bonté morale est censé ressembler, qu’un être qui est moralement bon et tout puissant ne serait jamais capable de permettre le mal de se produire. Nous tenons nos normes de moralité au-dessus de Dieu et lui reproche pour avoir permis le mal de se passer. Il semble évident que tout être qui permettrait à un garçon de 6 ans de mourir d'un cancer incurable, quand cet être avait le pouvoir d’empêcher ce genre de situation, ne pouvait pas être moralement bon.

Je tiens à contester chacune de ces présomptions.[11] Pour ce faire, nous devons commencer par reconnaître que nous ne connaissons pas Dieu aussi bien que nous pensons le connaître, ou que nous aimerions le connaître. Le problème du mal, comme il est avancé dans sa forme la plus puissante, descend Dieu à notre niveau. Brian Davies note que « Si vous pensez que le mal rend l'existence de Dieu impossible ou peu probable, vous devez sans doute penser que vous avez une assez bonne compréhension de ce que Dieu est. »[12]

            La première étape de notre discussion de Dieu et le problème du mal est de démontrer qu'un tel être existe. Donc, nous allons commencer par démontrer que Dieu existe, et ensuite, sur la base de cette démonstration, nous allons considérer les attributs de Dieu qui sont les plus importants pour le problème du mal. Fur et à mesure que nous nous avançons dans les points suivants, nous allons démontrer que chacune des présomptions mentionnées ci-dessus sont fausse, et, par conséquent, qu'il n'y a pas de contradiction entre le fait du mal et la réalité de Dieu. Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique, commence par le fait du changement et démontre que Dieu existe.[13] Son argument ressemble à ceci:

1.      Il y a des choses dans le monde qui changent.
2.      Ce qui change est changé par un autre.
3.      Si ce qui provoque un changement dans un autre est lui-même changé, alors il est, lui-même, changé par un autre. Si cet autre est aussi l'objet de changements, alors il est, lui aussi, également changé par un autre, et ainsi de suite.
4.      Une régression actuelle à l’infini des changeurs changés est impossible.
5.      Il est, donc, nécessaire qu'il existe un premier changeur qui n’est pas changé par un autre (un premier moteur immobile).
6.      C'est ce que tous les hommes prennent pour Dieu.[14]

Ce premier moteur, Dieu, est immuable. Le changement est le mouvement d'un être qui est actuel (qui existe ou est en acte) de son état actuel de l'être à un autre état d'être qui est seulement possible lorsque l’être était dans le premier l'état, et ceci par addition ou privation. C'est le fait de rendre actuel ce qui n’était que potentiel. Un être est immuable lorsqu'elle est pure actualité, ce qui signifie qu'il n'a pas, en elle, de potentiel non actualisé. Il n'est pas dans un état de devenir, il est tout simplement. Être actuel, cependant, est ce que signifie être parfait. Ce qui est parfait ne manque rien de ce qu'il devrait être. Un être qui est acte pur ne manque rien, donc, ce moteur immobile, Dieu est parfait.

Maintenant, la bonté, ce qui est bon, est un terme analogue que l'on comprendre toujours en rapport avec l'être auquel il est appliqué. Par exemple, quand nous disons que « c'est un bon chien », nous ne disons pas la même chose que lorsque nous disons, « c’est un bon steak », ou « c'est un bon couteau ». Un bon couteau est coupant et tient son tranchant pendant une longue période. Un bon chien n'est pas coupant, il n'a pas de pointe, et on ne l’utilise pas pour couper un bon steak. Alors, bon, appliqué à des chiens, des couteaux, et tout le reste ressortent des différents aspects de ces différentes choses. Toutefois, le bien est un terme analogue parce que quand nous disons « c'est un bon chien », et « c'est un bon couteau », nous voyons quelque chose dans les deux qui est semblable. Une bonne chose est ce qui est désirable pour elle-même, et non comme un moyen pour quelque chose d'autre. Maintenant, une chose est désirable dans la mesure où elle est parfaite, ne manquant de rien de ce qu'elle devrait être. Par exemple, plus qu'un couteau est parfait, plus qu’il est désirable. Donc, la plus qu'une chose est parfaite, la plus qu'elle est bonne (de la même manière que la perfection est en degrés, la bonté est également en degrés). Maintenant, comme nous l'avons déjà vu, le premier moteur est acte pur et absolument parfait; par conséquent, le premier moteur est absolument bon. Par conséquent, tout ce que Dieu est, et fait, est bon, ne manquant de rien de ce qu’il doit être et faire.

Remarquez, ce n'est pas un jugement moral. La bonne, cependant, quand il s'agit de l'homme, est un jugement moral. Nous savons que les humains sont, par nature, des animaux rationnels, donc quand nous voyons un agent humain agir selon ce qui est raisonnable (ou rationnelle) nous disons qu'il est bon ; et cette déclaration est un jugement moral. Nous ne savons pas (dans le sens le plus précis du terme connaissance) ce que la nature de Dieu est (Jean, dans sa première épître, est très clair que personne n'a jamais vu Dieu.), donc, même si nous pouvons démontrer que Dieu est bon, nous ne pouvons pas savoir exactement ce que cela signifie quand nous disons que Dieu est bon. Nous savons que Dieu, étant absolument et totalement bien, est plus désirable que toute autre chose. Par conséquent, il est impossible de dire de Dieu, « Étant donné qu’il est bon, alors, il ne voudrait pas permettre le mal. » C'est une présomption illégitime qui descend Dieu en pour le rendre comme les humains, et le soumettre à des standards humains. Par conséquent, nous ne pouvons pas simplement supposer qu'un être omnibienveillant ne permettrait pas du mal. Si ce n'est pas une présomption valable, alors l'argument s'écroule.

Pour en revenir à l'argument qui démontre que Dieu existe, nous nous rappelons que Dieu est acte pur, et en tant que tel, qu'il est parfait et bon. Maintenant, le pouvoir peut être compris dans au moins deux façons: puissance active et puissance passive. Puissance passive est le pouvoir, ou potentiel, d'être changé par un autre. Dieu, comme nous l'avons noté, est acte pur, par conséquent, il n'y a pas de puissance passive en Dieu (c'est-à-dire, Dieu est immuable et impassible). Cependant, tout ce qui est en acte possède la puissance active dans la mesure où il est en acte. Dieu, qui est acte pur, est, par conséquent, puissant au plus haut degré – c'est-à-dire, il est tout-puissant. Quand nous disons que Dieu est tout-puissant, nous disons que Dieu est capable de faire toutes les choses qui sont possibles de le faire (ou, toutes les choses qui peuvent être fait). Tout ce qui peut être provoqué peut être provoqué par Dieu. Négativement, cela signifie que tout ce qui est absolument impossible, comme faire quelque chose qui est logiquement contradictoire, ne peut pas être réalisé. Maintenant, de la même manière que de commettre une mauvaise action n'est pas considérée comme une puissance positive, mais plutôt, comme un manque de puissance, ou, de la même manière que l'incapacité à résister à la tentation de faire le mal n’est pas considérée comme une puissance positive, aussi, ce n'est ni un manque, ni une limite, de dire que Dieu ne peut pas faire tout ce qui est logiquement contradictoire ou absolument impossible. Il semble, donc, évident que si nous disons qu'il n'y a pas de limites à la puissance de Dieu, cela ne signifie pas qu’il peut faire strictement tout. Il y a certaines choses que Dieu ne peut pas faire, non parce que Dieu manque de pouvoir, mais parce que ces choses ne peuvent pas être réalisées. Cela démontre, donc, que la deuxième prémisse de Mackie est aussi fausse, et sert comme deuxième réfutation de l'argument du mal contre l’existence de Dieu.

Maintenant que nous avons démontré que Dieu existe, et défini ce que cela signifie quand nous disons que Dieu est tout-puissant et bon, il devrait être évident que les présomptions sur lesquelles repose l'argument contre Dieu, à partir du mal, sont fausses, et que la conclusion, par conséquent, ne suit pas. De plus, nous avons un argument positif, basé sur la réalité du changement dans le monde, qui démontre, de manière positive, que Dieu existe. En effet, Peter Kreeft, un philosophe américain, dit dans son livre Making Sense out of suffering, « il se peut qu’il y ait un très bon argument contre Dieu – le mal -, mais il y a beaucoup plus de bons arguments pour Dieu. En fait, il y a au moins quinze arguments différents pour Dieu. »[15] Comme nous l'avons déjà vu, l'argument du mal, ce n’est pas vraiment aussi bon qu'on nous dise. Nous n'avons pas, cependant, présenté une explication du mal. Le mal ne peut pas prouver que Dieu ne peut pas exister, mais, alors, comment pouvons-nous expliquer le mal? Notre dernier point, l'explication chrétienne du mal, découle naturellement de ce que nous venons de dire, et il mettra le dernier clou dans le cercueil du problème du mal.


L'explication chrétienne du Mal

Comme nous l'avons vu dans la section précédente, la bonne a été définie comme ce qui est désirable en elle-même, et nous avons constaté que quelque chose est bon lorsqu’il est parfait. Plus une chose est parfaite, en parfaite possession de sa nature - ne manquant de rien qu'il est censé être, plus il est désirable, et donc, plus il est bon. Le mal, alors, devrait être défini comme un manque de perfection, ou un manque d'être. Le mal, autrement dit, est une privation de l'être. Donc, une chose est bonne dans la mesure qu'il existe et à dans le mesure qu’elle est parfaite, et le mal est ce qui manque. Le mal, par conséquent, n’a pas de l'être, ou l'existence, en elle-même; le mal n'a pas l’existence positive. Le mal ne peut être trouvé que dans quelque chose qui existe, dans une chose qui est bonne. Le mal est comme un parasite, il ne peut exister qu’avec un hôte. Comme la rouille sur une voiture, s’il n'y a pas de voiture, alors il n'y a même pas la possibilité de rouille. Par conséquent, à chaque fois, et partout où, nous trouvons quelque chose qui ne possède pas parfaitement sa nature, nous allons trouver du mal. Par exemple, un acte humain, comme manger, est bon dans la mesure qu'elle atteint son but - la nutrition du corps humain; mais ce même acte est mal lorsqu’elle manque ce but (comme, par exemple, lorsqu’une personne fait la gourmandise, ou mange quelque chose qui va le tuer). Parler est un bon acte humain, mais le but de parler, en général, est de communiquer la vérité, donc, de mentir est mal, car elle ne permet pas d'atteindre le but de l'acte humain, le mensonge rate le but de la saine communication humaine.

On voit donc que la quatrième prémisse, telle qu'elle est, est en besoin de précision, et, à cause de ceci, est fausse. Il y a du mal dans le monde, mais seulement parce qu’il y a un monde. Cette dernière phrase a besoin d’une explication. Certains philosophes (par exemple, Leibniz, Alvin Plantinga[16]) ont avancé l’idée que ce monde est le meilleur des mondes possibles - que Dieu n'aurait pas pu créer un monde meilleur. Cette déclaration est très discutable, mais ce n'est pas la déclaration que je fais.

Tout d'abord, il convient de noter que, d’être créé, est d'être finie, ou, autrement dit, d’être limitée dans sa nature. Il est impossible de créer un être infini étant donné que « d’être créé » et « d’être infini » sont des états de l'être qui s'excluent mutuellement.

Deuxièmement, tout être fini est limité de différentes manières. Les roches ont plus de limitations que les plantes, qui ont plus de limitations que les animaux, qui sont plus limitées que les humains, etc.[17] Les humains sont limités à bien des égards, mais il est important de noter que nous sommes limités en ce que nous ne possédons pas toutes connaissances, tout pouvoir, ou la bonté absolue. Il semble, donc, que pour être capable de créer quoi que ce soit, il serait nécessaire de prévoir la possibilité du mal. Nous pourrions démontrer ce point avec plusieurs exemples. Premièrement, il semblerait insensé de dire que ce monde est le meilleur monde possible, parce que, il semble que Dieu aurait pu faire un meilleur monde en créant un bon chien de plus. De plus, comme de nombreux philosophes ont noté, il semble comme une contradiction des termes évidente de créer une créature libre qui choisit toujours de faire ce qui est juste et bien. Le fait que nous avons le libre arbitre, et que nous pouvons choisir ce qui est bon, semble bien indiquer que nous pouvons aussi choisir ce qui est mal. Finalement, dans tous les mondes possibles, le bonheur d'un être, par exemple, un parasite, va, nécessairement, empiéter sur le bonheur d'un autre être et empêcher ce deuxième de s’épanouir totalement ; comme, par exemple, un être humain qui aurait était infecté avec des parasites à travers l'eau contaminée. Même si tous les animaux et créatures du monde étaient végétariens, les pauvres plantes seraient brimées dans leur épanouissement par tous les autres êtres qui les mangent.

Il n’y a pas, donc, un problème du Mal. Le bon peut exister sans le mal, tel que Dieu existant sans la création ; mais le mal ne peut pas « exister » sans le bon. En tant que tel, le fait que le mal « existe » n'est pas, en aucune façon, la preuve que Dieu n'existe pas. Au contraire, le fait que le mal existe semble être une preuve que Dieu doit exister. Si Dieu n'existait pas, alors rien ne pourrait exister, et s’il n’y avait rien qui existait, alors le mal n’existerait pas non plus.[18] Maintenant, n'importe qui qui va essayer de ramener la réalité du mal comme preuve de la non-existence du Dieu chrétien doit, nécessairement, considérer l'explication chrétienne de mal, d'où il vient, et comment Dieu le traite.

Genèse, le premier livre de la Bible chrétienne, nous dit que le mal est entré dans le monde, principalement en raison du libre arbitre des premiers humains - Un libre choix de se rebeller contre la seule loi que Dieu avait explicitement indiquée.[19] Selon la Bible, il est principalement dû à la volonté libre et la chute de l'humanité que les maux naturel et moral existent dans le monde.[20] Maintenant, le mal naturel est une souffrance qui est causée lorsque le bien d'une créature brime l'épanouissement d'une autre créature. Des exemples des maux naturels sont: les décès ou les blessures causées par les tremblements de terre, tornades, éruptions volcaniques, des virus ou d'autres maladies, ou du fait qu’un animal se nourris avec un autre. Des maux moraux sont le résultat du libre arbitre, ils se produisent quand les humains agissent de façon immorale. Le mal moral inclut non seulement les résultats immédiats des actions humaines immoraux, mais aussi les résultats futurs de ces mêmes actions. Des exemples de maux moraux sont: assassiner, le viol, l'abus de substances, le vol, la destruction de l’environnement terrestre, et bien d'autres actions humaines qui ont non seulement un effet immédiat, mais aussi, dans bien des cas, qui affectent les familles de ceux qui sont touchés par ces mauvais actes pendant des nombreuses générations. Chaque mal tombe dans l'une de ces deux types de mal: naturelles ou morales. Dans la théologie chrétienne, ces deux types de mal sont directement liés au libre arbitre de l’homme, et la chute dans le péché.

Dieu, cependant, ne s'est pas contenté de condamner l'humanité au jugement éternel, et il n'a pas décidé de nous laisser tranquilles pour que nous vivions nos vies dans la misère. Dieu a promis, dès le début, de vaincre le mal. Le premier endroit où nous trouvons cette promesse est en Genèse 3:15, où Dieu prédit la défaite du tentateur par la descendance d'Ève. Cette promesse a vu son accomplissement quand Dieu, la deuxième personne de la trinité - Jésus, a pris sur lui la chair humaine et a vécu une vie humaine. Il a connu les maux que nous, comme humaine, expérience, sans commettre aucun mal lui-même. Malgré le fait qu’il était, lui-même, un homme parfait, il a enduré les mêmes maux que sont si choquant et détestable pour nous. Il était parfait, et il a traité tous les êtres humains de façon égale, les hommes et les femmes, mais, en dépit de sa bonté (peut-être à cause de cela), il a été rejeté, battu, ridiculisé, torturé, violemment séparé de sa mère terrestre, méprisée et rejetée par ses frères terrestres, et la pire de tout, rejeté et écrasé par son père céleste. N'ayant pas en lui-même aucun péché, il a porté les péchés de l'humanité, et il a subi la colère de Dieu pour nos péchés. La solution divine pour le problème du mal, à la fois moral et naturel, n'était pas, de ne jamais créer, mais de souffrir avec nous, et de porter la condamnation pour nos péchés afin que nous n’ayons pas à le porter nous-mêmes. La solution de Dieu pour le problème du mal est Jésus sur la croix.




[1]Sur l’histoire du problème du mal, dès les premières explications que nous retrouvons dans l’histoire jusqu’aux débuts des années 1900, voit le livre de A. D. Sertillanges, Le Problème du Mal : L’Histoire (Paris : Éditions Montaigne, 1948).

[2]Cf. Sertillanges, 98-101.

[3]Cf. Ibid., 70-71.

[4]C. S. Lewis, A Grief Observed (1961, repr, New York:. Harper Collins Livres, 2000), 5-6. Traduction le mien. En Anglais, “Meanwhile, where is God? This is one of the most disquieting symptoms. When you are happy, so happy that you have no sense of needing Him, so happy that you are tempted to feel His claims upon you as an interruption, if you remember yourself and turn to Him with gratitude and praise, you will be – or so it feels – welcomed with open arms. But go to Him when your need is desperate, when all other help is vain, and what do you find? A door slammed in your face, and a sound of bolting and double bolting on the inside. After that, silence. You may as well turn away. The longer you wait, the more emphatic the silence will become...”

[5]C. S. Lewis, The Problem of Pain (1940; repr, New York: Harper Collins, 2000.), xi. Traduction le mien. En Anglais on lit, “if I were to say what I really thought about pain, I should be forced to make statements of such apparent fortitude that they would become ridiculous if anyone knew who made them.”

[6]David Hume, “Dialogues Concerning Natural Religion,” in Modern and Contemporary, vol. 2 of Classics of Philosophy, ed. Louis P. Pojman (New York: Oxford University Press, 1997), 757.

[7]J. L. Mackie, “Evil and Omnipotence,” in Mind, New Series, vol. 64, no. 254 (Apr., 1955), 200. Traduction le mien. En Anglais on lit, “God is omnipotent; God is wholly good; and yet evil exists. There seems to be some contradiction between these three propositions, so that if any two of them were true the third would be false.”

[8]Ibid., 201. Traduction le mien. En Anglais on lit, “These additional principles are that good is opposed to evil, in such a way that a good thing always eliminates evil as far as it can, and that there are no limits to what an omnipotent thing can do. From these it follows that a good omnipotent thing eliminates evil completely, and then the propositions that a good omnipotent thing exists and that evil exists are incompatible.”

[9]On pourrait toujours accepter la conclusion de l'argument, comme certains théologiens modernes semblent faire, et d’affirmer, tout simplement, que le Dieu chrétien n’est pas omniscient. Par conséquent, il serait tout aussi surpris que nous sommes quand le mal nous arrive; mais, étant tout-puissant et totalement bon, il est capable de ressortir le bien du mal. Cf. Gregory A. Boyd, God of the Possible (2000; repr., Grand Rapids, MI: Baker Books, 2008).

[10]Il est intéressant de noter que Mackie avoue que l’explication que je suis sur le point de donner ne tombe pas en proie au problème du mal comme il l'explique. Cf. Mackie, 201-2.

[11]La façon que je propose est la meilleure manière de répondre au problème du mal est essentiellement la même que celle que Brian Davies présente dans son livre The Reality of God and the Problem of Evil (London: Continuum, 2006), et sa manière d’aborder la question m’a beaucoup inspirer.

[12]Brian Davies, The Reality of God and the Problem of Evil (London: Continuum, 2006), 58. Traduction le mien. En Anglais on lit, “If you think that evil renders God’s existence impossible or unlikely, you must presumably take yourself to have a fairly good understanding of what God is.”

[13]Thomas d’Aquin, Dieu, vol. 1 de Somme Théologique, trad. A. D. Sertillanges (Paris : Desclée & Cie, 1925), 1 :76-78.

[14][14]J’ai déjà abordé cet argument, en plus de détail, dans d’autres articles. Voit ici, ici, ici, et ici.

[15]Peter Kreeft, Making Sense Out of Suffering (Ann Arbor, MI: Servant Books, 1986), 30. Traduction le mien. En Anglais on lit, “there may be one very good argument against God – evil – but there are many more good arguments for God. In fact, there are at least fifteen different arguments for God.”

[16]Alvin Plantinga, God, Freedom, and Evil (1974; repr., Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans, 1977).

[17]Thomas d’Aquin, et Aristote, mets beaucoup d'accent sur ​​la hiérarchie de l'être qui se manifeste dans notre univers créé. Thomas affirme que Dieu, en créant l'univers n'aurait pas pu se révèle entièrement dans une seule créature (que cette créature aurait dû être infini pour, toute seule, manifesté la grandeur de Dieu, ce qui est une contradiction des termes). La seule façon que Dieu pourrait, vraiment, se révéler dans la création serait de créer une hiérarchie de l'être qui illustre, ou qui peintre, la grandeur de sa diversité et unité. Cf. Etienne Gilson, The Philosophy of St. Thomas Aquinas, 3rd ed., trans. Edward Bullough (New York: Dorset Press, 1945), 153-55.

[18]En outre, comme certains philosophes l'ont noté, le fait même que nous sommes en mesure de distinguer entre ce qui est mal et ce qui est bon implique qu'il existe un certain standard auquel nous comparons les bonnes choses et les mauvaises choses que nous trouvons dans notre univers. Cette norme de bonté, certains ont fait valoir, est Dieu. Cf. C. S. Lewis, “Right and Wrong as a Clue to the Meaning of the Universe”, in Broadcast Talks, 9-33 (1941; repr., London: Geoffrey Bles, 1951). C. S. Lewis, Mere Christianity (1952; repr., London: Fontana Books, 1956).

[19]Après avoir écrit cet article, je suis tombé sur un livre qui parle de cette doctrine chrétienne comme étant un aspect important de l’explication chrétienne du problème du mal. Voit, William A. Dembski, The End of Christianity: Finding a Good God in an Evil World (Nashville, TN: B&H Academic, 2009).

[20]Cf.. Gén. 2-3, Rom. 8:18-23. C’est intéressant à noter que Alvin Plantinga présente le fait que selon la théologie chrétienne c’est tout à fait possible qu’il y ait plusieurs maux naturels qui sont causés par le libre arbitre des êtres supérieurs – c'est-à-dire, des anges déchus. Cf. Plantinga, 61-62.

GOD & THE PROBLEM OF EVIL

(Un version français de cet article peut être trouver ici.)

Introduction

            The Problem of evil is a human problem, and it is one of the most difficult questions that anyone can try to answer, or even attempt to deal with. Why is that? The problem of evil is a reality that we all deal with in one way or another, because we have all been touched, in one way or another, by evil.

            As far back as human history can take us humans have been dealing with pain and suffering. Some of the most well-known ancient cultures explained evil and suffering as being caused by the gods. If I am doing well, flourishing, experiencing success, it is because the gods are pleased with me. If I am suffering, from sickness, or failure, or if I am struck by “bad luck” or am killed, it is because, either I have displeased the gods, or someone has turned the gods against me.

            Early philosophers also tried to explain the problem of evil and suffering. Pythagorus explained evil with a divine dualism. A good god is responsible for all the good in the world, and an evil god is responsible for all the evil in the world. The sophists at the time of Plato and Socrates denied the objectivity of truth, and, if truth is not objective, then there is no such thing as goodness or evil. For Plato, and the Neo-Platonists throughout the centuries, the good is the ultimate principle, something like what Christians would call God. Evil couldn’t possibly come from that which is purely good, therefore it had to come from another source. Matter was the source of evil and all evils that we experience come from matter. We should note, at this point, that a common view that was developing in the minds of these great cultures, religions and philosophers, was that evil could not come from that which was perfectly good.

            Epicurus seems to be the first philosopher to doubt the goodness of the gods, or of a God, based upon the existence of evil. For Epicurus the existence of evil showed that either the gods were neither good nor just and that they couldn’t help us, or that they didn’t exist.

            Buddhism, on the other hand, denies the reality of evil. Claiming that by the rejection of all desires we can attain a higher level of being in which we will experience no evil.

            The fact that so many cultures, religions, and philosophers, have tried to explain the reality of evil shows that it is not only a human problem but one of the most important human problems. This is the problem that we will be considering in this session. As we approach the problem of evil we all of a sudden realize that there are, in a sense, two problems: there is the personal problem of evil and there is the philosophical problem of evil. Now, the philosophical problem of evil is inspired by the personal problem of evil, and is somewhat easier to answer. We will be considering the philosophical problem of evil, however, I would like to point out that an answer to the philosophical problem of evil is also an answer to the personal problem of evil, although it may not be the answer that we are looking for, or that we want to hear.

            The personal problem of evil can be illustrated by a number of examples. When I was young my grandfather died of brain cancer. A man who was able to do anything all of a sudden was not even able to take care of himself. When I was pursuing my Master’s degree in North Carolina, one of my classmates lost his 6 year old boy to a rare and incurable cancer, and, in the same year the wife of one of my professors lost her unborn baby. How could such horrible things happen to such good people? This is the personal problem of evil. The personal problem of evil can be explained, but, when we are suffering it is not the explanation that cries with us and shows us love. C. S. Lewis, a Christian philosopher, and a man who was also a victim of suffering (He was not a man who necessarily wanted to get married, but he fell in love with a woman later in life, and he lost her to sickness only a few years later.), wrote two books on evil: The Problem of Pain, and A Grief Observed. In A Grief Observed he records his feelings and thoughts as he dealt with the loss of his only true love. He writes the following words, “Meanwhile, where is God? This is one of the most disquieting symptoms. When you are happy, so happy that you have no sense of needing Him, so happy that you are tempted to feel His claims upon you as an interruption, if you remember yourself and turn to Him with gratitude and praise, you will be – or so it feels – welcomed with open arms. But go to Him when your need is desperate, when all other help is vain, and what do you find? A door slammed in your face, and a sound of bolting and double bolting on the inside. After that, silence. You may as well turn away. The longer you wait, the more emphatic the silence will become...”[1] This is the personal problem of evil. As we begin looking at it, I would like to say, for myself, something that C. S. Lewis says in the preface to his book The Problem of Pain. C. S. Lewis asked to write the book anonymously because, “if I were to say what I really thought about pain, I should be forced to make statements of such apparent fortitude that they would become ridiculous if anyone knew who made them.”[2]

In this lecture we will explain the problem of evil and how it has been used to deny that God exists. Then we will examine the claims of this argument to see if evil really does pose a problem for the reality of God. Finally we will consider the Christian explanation of evil.


The Problem of Evil and God

            Different versions of the argument against God from evil can be found just about anywhere, but, I will be explaining only the two most important versions.

            First of all, David Hume, in his book Dialogues Concerning Natural Religion, puts the problem this way, “Epicurus’s old questions are yet unanswered. Is he [God] willing to prevent evil, but not able? then is he impotent. Is he able, but not willing? then is he malevolent. Is he both able and willing? whence then is evil?”[3]

            Hume’s Problem of evil might be explained as follows:

(1)   If God is Omni-benevolent, then He wants to prevent evil.
(2)   If God is all-powerful, then He is able to prevent evil.
(3)   There is evil in the world.
(4)   Therefore, either God is not all-powerful, or God is not omni-benevolent, or none of the above.

J. L. Mackie, in an article entitled Evil and Omnipotence, explained the problem of evil in what is probably its most powerful form. He begins by explaining the simplest form of the problem, “God is omnipotent; God is wholly good; and yet evil exists. There seems to be some contradiction between these three propositions, so that if any two of them were true the third would be false.”[4]

            Now, of course, there is no contradiction in the three premises as presented, and Mackie notes this fact. He goes on, however, to say that in order to find a contradiction we must add a couple of premises. “These additional principles are that good is opposed to evil, in such a way that a good thing always eliminates evil as far as it can, and that there are no limits to what an omnipotent thing can do. From these it follows that a good omnipotent thing eliminates evil completely, and then the propositions that a good omnipotent thing exists and that evil exists are incompatible.”[5]

            His argument could be explained as follows:

(1)   God is Omnipotent.
(2)   God is Good.
(3)   A good thing always eliminates evil as far as it can.
(4)   There are no limits to what an Omnipotent thing can do.
(5)   Evil exists.
(6)   Therefore, there is no omnipotent and good God.

The arguments of Mackie and Hume both say essentially the same thing. We can summarize them both in the following argument. We will, however, strengthen the argument by adding an extra premise.

(1)   God is supposed to be Omni-benevolent and all-powerful. (Such a being would be powerful enough to prevent evil, and would want to prevent evil.)
(2)   God is all-knowing. (An all-knowing being would know how to prevent evil.)
(3)   If an all-powerful, all-knowing and good being exists, then evil cannot exist.
(4)   It is evident that evil exists in the world.
(5)   Therefore an all-powerful, all-knowing and good being does not exist.

It seems then, that the reality of evil is all the proof that is needed to show that God, as understood by most theists, does not exist.


Is There Really a Problem?

            In a deductive syllogism, when the argument is logically valid, and the premises are true, the conclusion follows necessarily. In order to show that the conclusion is false you need to show that the premises (at least one) are false. If one premise is false, or can be rejected for one reason or another, then the conclusion does not follow.[6]

            I would submit that the conclusion does not follow because some of the main terms in the premises are improperly explained, or improperly defined.[7] The conclusion of the problem of evil, so presented, is due to a number of misconceptions and unexamined presuppositions about evil, goodness, omnipotence and God.

            First of all, it is assumed that evil is a positive reality in the same sense that a dog, a tree, or you are a positive reality. This assumption is seen in the first premise where we claim that evil exists. The first question that we need to ask is: in what way does evil exist, and how does that affect the argument? This means what we will need to explain what evil “is”.

            The second premise is also home to a number of unexamined presuppositions: (1) goodness is a moral category, (2) to be omnipotent means to be able to do anything – no limits; (3) God can be defined positively.

            The third premise is based upon the assumption that Mackie introduces which claims that the good always seeks, in the best way possible, to eliminate evil. Furthermore, this third premise assumes that God is a moral being that can be judged based upon what he does or allows to happen. God is, supposedly, a morally good and all-powerful being, and, so it seems to us, who are moral creatures with some conception of what moral goodness is supposed to look like, a morally good and all powerful being would never permit evil to happen. We hold our standards of morality over God and blame Him for allowing evil to happen. It seems that any being who would allow a 6 year old boy to die from incurable cancer, when he had the power to keep that from happening, could not be morally good.

            I would like to challenge all of these assumptions.[8] In order to do this we need to start by acknowledging that we don’t know God as well as we think we do. The problem of evil, as it is advanced in its most powerful form, brings God down to our level. Brian Davies notes that “If you think that evil renders God’s existence impossible or unlikely, you must presumably take yourself to have a fairly good understanding of what God is.”[9]

            The first step in our discussion of God is to demonstrate that such a being exists. So, we will begin by demonstrating that God exists, and then, based upon that demonstration we will consider the attributes of God that are most important to the problem of evil. As we move through the following points it will be shown that each of the presuppositions mentioned above are false, and, therefore, that there is no contradiction between the fact of evil and the reality of God. Thomas Aquinas, in the Summa Theologiae, begins with the fact of change and demonstrates that God exists.[10] His argument looks something like this (I have presented a much more in-depth consideration of the first way of Aquinas, here.):

(1)   Some things in the world change.
(2)   Whatever changes is changed by another.
(3)   If that which causes a change in another is itself changed, then it is changed by another. If that other is also subject to change, then it is also changed by another, and so on.
(4)   An infinite regress of changed changers (or moved movers) is impossible.
(5)   Therefore, it is necessary that there exist a first unchanged changer (unmoved mover).
(6)   This is what all men take to be God. 

This first mover, God, is itself unchanging. Change is the movement of a being that is actual (that exists or is in act) from its current state of being to a different state of being that is only potential at state 1, and this by addition or privation. It is the making actual of some potential. For a being to be unchanging is for it to be pure actuality, meaning that it has no unactualized potentials. It is not in a state of becoming, it simply is. To be actual, however, is what it means to be perfect. That which is perfect is not lacking in anything that it should be. A being that is pure act lacks nothing, therefore, this unmoved mover, God is perfect.

            Now, goodness, that which is good, is an analogous term that is understood according to the being to which it is applied. For example, when we say that “that is a good dog”, we do not mean the same thing as when we say, “that is a good steak”, or “that is a good knife”. A good knife is sharp and holds its cutting edge for a long time. A good dog is not sharp, and it has not cutting edge. So, good, applied to dogs, knives, and everything else, picks out different aspects in these different things. However, good is an analogous term because when we say “that is a good dog”, and “that is a good knife”, we are picking out something about both of them that is similar. A good thing is that which is desirable for itself, and not as a means to something else. Now, a thing is desirable in so much as it is perfect, lacking nothing that it should have. For example, the more a knife is perfect, the more it is desirable. So, the more perfect a thing is, the more it is good (in the same way that perfection comes in degrees, goodness also comes in degrees). Now, as we have already seen, the first mover is pure act and absolutely perfect; therefore, the first mover is also absolutely good. Therefore, everything that God is and does is good, lacking nothing that should be present.

            Notice, this is not a moral judgment. The good, however, when it comes to humans, is a moral judgment. We know that humans are, by nature, rational animals, so, when we see a human acting according to what is reasonable (or rational) we say that they are good, and this is a moral judgment. We don’t, however, know (in the most precise sense of the term knowledge) what God’s nature is (John, in his first epistle, is very clear that nobody has seen God.), therefore, although we can demonstrate that God is good, we can’t know exactly what it means for God to be good. We do know that God, as good, is that which is more desirable than anything else. Therefore, it is impossible to affirm of God that, because He is good, therefore He would not want to permit evil. This is an illegitimate assumption that brings God down to be like humans. Therefore, we cannot simply assume that an Omni-benevolent being would not permit evil. If this is not a valid assumption, then the argument falls apart.

            Going back to the argument for Gods existence, we remember that God is pure act, and as such, that He is perfect and good. Now, power can be understood in at least two ways: active power, and passive power. Passive power is the power to be acted upon; it is the potential to be changed by another. God, as we noted, is pure act, therefore, there is no passive power in God (that is, God is immutable and impassible). However, whatever is in act possesses active power to the extent that it is in act. God, who is pure act, is, therefore, powerful to the highest degree – that is, He is omnipotent. When we say that God is all-powerful we mean that God is able to do all things that are absolutely possible to do. Anything that can be brought about can be brought about by God. Negatively, this means that anything that is absolutely impossible, such as doing something that is logically contradictory, cannot be brought about. Now, in the same way that committing an evil action is not seen as a positive power, but rather, as a lack of power, or incapacity to resist the temptation to do evil, so, it is not a lack, nor a limit, to say that God cannot do anything that is logically contradictory or absolutely impossible.  It seems, therefore, evident that though we say that there are no limits to Gods power, this does not mean that he can do strictly anything. There are some things that God cannot do, because they are absolutely impossible. This, therefore, shows that Mackie’s second assumption is false, and, serves as a second refutation of the argument from evil against God.

            Now that we have demonstrated that God exists, and defined what it means for God to be all-powerful & good, it should be evident that the assumptions behind the argument against God from evil are false, and that the conclusion, therefore, does not follow. Furthermore, we have a positive argument based upon change in the world that shows, positively, that God does exist. In fact, Peter Kreeft, an American philosopher, says in his book Making Sense Out of Suffering, “there may be one very good argument against God – evil – but there are many more good arguments for God. In fact, there are at least fifteen different arguments for God.”[11] As we have already seen, the argument from evil is really not as good as it is made out to be. We have not, however, accounted for evil. Evil may not prove that God cannot exist, but how then do we explain it? Our final point, the Christian explanation of evil, follows naturally from what we have just said, and it will put the final nail into the coffin of the problem of evil.

   
The Christian Explanation of Evil

            As we saw in the previous section, good was defined as that which is desirable for itself, and we noted that a thing is good insomuch as it is perfect. The more that a thing is perfect, in perfect possession of its nature – lacking nothing that it is supposed to be, the more it is desirable, and therefore, the more it is good. Evil, therefore, should be defined as a lack of perfection, or a lack of being. Evil is a privation of being. So, a thing is good insomuch as it exists and to that degree of which it is perfect, and evil is that which is lacking. Evil, therefore, does not have being, or existence, in and of itself; evil does not have positive existence. Evil can only be found in something that exists, in some good. It is like a parasite, it can only exist with a host. Like rust on a car, if there is no car, then there is not even the possibility for rust. Therefore, whenever, and wherever, we find something that does not perfectly possess its nature, we will find evil. For example, a human act, such as eating, is good insomuch as it attains its purpose – the nourishment of the human body; but it is evil insomuch as it misses that goal (i.e. – gluttony, or eating something that will kill you). Talking is a good human act, but the purpose of talking, in general, is to communicate truth, so, to lie is evil as it does not achieve the purpose of the human act, it misses the goal.

            We can see, therefore, that the fourth premise, as it stands, is in need of precision, and therefore is false. There is evil in the world, but only because there is a world. This last sentence begs explanation. Some philosophers (i.e. - Leibniz, Alvin Plantinga[12]) have argued that this is the best possible world – that God couldn’t have created a better world. This is a highly debatable claim, but that is not the claim that I am making.

            First of all, we should note that to be created is to be finite, meaning, to be limited in one’s nature. It is impossible to create an infinite being as ‘being created’ and ‘being infinite’ are states of being that are mutually exclusive.

            Secondly, every finite being is limited in varying ways. Rocks have more limitations than plants, which have more limitations than animals, which are more limited than humans, etc.[13] Humans are limited in many ways, but it is important to note that we are limited in that we do not possess all knowledge, all power, or absolute goodness. Therefore, it seems that in order to create anything at all it was necessary to allow for the possibility of some evil. This is not the best possible world in the sense that God could have made one more good dog, and one more good dog would have made this world better. However, as many philosophers have noted, it certainly seems like a contradiction of terms to create a free creature that always chooses to do what is right. The fact that we have free-will, and that we can choose what is good, certainly seems to imply that we can also choose what is evil. Not only that, but, in any created world, the goodness of some being that is flourishing, for example a parasite, will, of necessity, impinge upon the goodness of some other being and keep it from flourishing, for example a human that got the parasite from drinking contaminated water.

            There is, therefore, no problem of Evil. Good can exist without evil, such as God existing without creation, but evil cannot “exist” without good. As such, the fact that evil “exists” is not, in any way, proof that God does not exist. Rather, the fact that evil exists seems to be proof that God exists. If God did not exist, then nothing would exist, and if nothing existed, then neither would evil exist.[14] Now, anyone who is going to try to bring the reality of evil as proof of the non-existence of the Christian God must, necessarily, consider the Christian explanation of evil, where it comes from, and how God is dealing with it.

            Genesis, the first book of the Christian Bible, tells us that evil entered the world primarily due to the free choice of the first humans - A free choice to rebel against the only law that God had explicitly stated. According to the Bible it is primarily due to the free-will and fall of humanity that both natural and moral evil exist in the world.[15] Now, natural evil is any suffering that is caused when the good of one creature gets in the way of the flourishing of another creature. Examples of natural evil are: the deaths or injuries caused by earthquakes, tornadoes, volcanic eruptions, viruses or other sicknesses, or the feeding of one animal upon another. Moral evils are the result of free-will, they happen when humans act immorally. Moral evil is not only the immediate results of immoral human actions, but also the distant future results of those same actions. Examples of moral evils are: murder, rape, substance abuse, stealing, and many other human actions which not only have an immediate effect, but also, in many cases affect the families of those touched by these evil acts for many generations. Every evil falls into one of these two types of evil: Natural or Moral. In Christian theology both of these types of evil are directly related to the free-will choices, and the fall into sin, of humanity.

            God, however, did not simply condemn humanity to eternal judgment, nor did He just leave us alone to live out our lives in misery. God promised, from the very beginning to vanquish all evil. The first place where we find this promise is in Genesis 3:15, where God foretells the defeat of the tempter by the offspring of Eve. That promise saw its fulfillment when God, the second person of the trinity – Jesus, took on human flesh and lived a human life. He experienced the evil that we humans experience, without committing any evil himself. Being a perfect man, he endured the same evils that so shock and abhor us. He was perfect, and he treated all humans equally, both men and women, but, in spite of His goodness (perhaps because of it), he was rejected, beaten, laughed at, ridiculed, tortured, violently separated from his earthly mother, scorned and rejected by his earthly brothers, and rejected and punished by his heavenly father. Not having sinned himself he bore the sins of humanity, and he suffered God’s wrath for our sins. Gods’ solution for evil, both moral and natural, was not, to never create, but to suffer with us, and to bear the just penalty for our sins so that we wouldn’t have to. God’s solution for evil is Jesus on that cross.



[1]C. S. Lewis, A Grief Observed (1961; repr., New York: Harper Collins Books, 2000), 5-6.

[2]C. S. Lewis, The Problem of Pain (1940; repr., New York: Harper Collins Books, 2000), xi.

[3]David Hume, “Dialogues Concerning Natural Religion,” in Modern and Contemporary, vol. 2 of Classics of Philosophy, ed. Louis P. Pojman (New York: Oxford University Press, 1997), 757.

[4]J. L. Mackie, “Evil and Omnipotence,” in Mind, New Series, vol. 64, no. 254 (Apr., 1955), 200.

[5]Ibid., 201.

[6]One could always accept the conclusion of the argument, as some modern theologians seem to be doing, and simply claim that the Christian God is simply not all-knowing. Therefore, he would be as surprised by the evil that happens to us as we are, but, being all-powerful & all-good, He is able to bring good out of the evil. Cf. Gregory A. Boyd, God of the Possible (2000; repr., Grand Rapids, MI: Baker Books, 2008).

[7]Interestingly enough, Mackie notes that the explanation that I am about to give does not fall prey to the problem of evil as he explains it. Cf. Mackie, 201-2.

[8]The way in which I propose, as the best way of responding to the problem of evil, is essentially the same as that which is presented by Brian Davies in his book The Reality of God and the Problem of Evil (London: Continuum, 2006).

[9]Brian Davies, The Reality of God and the Problem of Evil (London: Continuum, 2006), 58.

[10]Thomas Aquinas, The Summa Theologica of St. Thomas Aquinas, trans. The Fathers of the English Dominican Province (1948; repr., Notre Dame, IN: Christian Classics, 1981), 1:13.

[11]Peter Kreeft, Making Sense Out of Suffering (Ann Arbor, MI: Servant Books, 1986), 30.

[12]Alvin Plantinga, God, Freedom, and Evil (1974; repr., Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans, 1977).

[13]Aquinas puts a lot of emphasis on the hierarchy of being which is evident in our created universe. He claims that God, in creating the universe could not possibly have revealed himself entirely in any one creature (as that creature would have had to be infinite which is a contradiction of terms). The only way that He could truly reveal himself in creation was to create a hierarchy of being which illustrates, or pictures, the greatness of his diversity and unity. Cf. Etienne Gilson, The Philosophy of St. Thomas Aquinas, 3rd ed., trans. Edward Bullough (New York: Dorset Press, 1945), 153-55.

[14]Furthermore, as some philosophers have noted, the very fact that we are able to discriminate between what is evil and what is good implies that there is some standard of goodness to which we are comparing the good and evil things that we find in our universe. This standard of goodness, some have argued, is God. Cf. C. S. Lewis, “Right and Wrong as a Clue to the Meaning of the Universe”, in Broadcast Talks, 9-33 (1941; repr., London: Geoffrey Bles, 1951). C. S. Lewis, Mere Christianity (1952; repr., London: Fontana Books, 1956).

[15]Cf. Gen. 2-3, Rom. 8:18-23.