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ARISTOTE ET LA DÉMONSTRATION DU "VRAI" DIEU

Il y a des penseurs Chrétiens qui ont dit que l'homme chuté, à moins d'être régénéré, ne pourrait pas arriver à déduire, à partir de l'univers qui les entoure, qu'un Dieu qui est infinie existe. Ils affirment qu'un personne non-régénérée ne pourrait que déduire un Dieu qui est immanente à l'univers[1] (étant un être parmi d'autres, ou « l’extension de l’univers »[2]) et finie.[3] Ils vont même à dire que les hommes non-régénéré ne peuvent pas démontrer l’existence du vrai Dieu.[4] Est-ce que c’est vrai ? Il y a 3 affirmations ici :

1.      L’homme non-régénéré ne peut pas démontrer qu’un Dieu transcendant (séparé de, et non un partie de, l’univers) existe.
2.      L’homme non-régénéré ne peut pas démontrer qu’un Dieu infinie existe.
3.      L’homme non-régénéré ne peut pas démontrer que le vrai Dieu existe.

Chacun de ces affirmations est différent, et doit être prouver, ou réfuter, individuellement. Comment prouver ces affirmations ? Démontrer qu’il n’y a aucun homme ou femme non-régénéré qui auraient pensé arriver à la conclusion en question par un raisonnement, ou déduction, à partir de l’univers. Comment réfuter ces affirmations ? Démontrer qu’il y a, au moins, 1 homme ou femme non-régénéré qui auraient pensé arriver à la conclusion en question par un raisonnement, ou déduction, à partir de l’univers.

            On pourrait penser, premièrement, à Thomas d’Aquin qui pensait être capable de démontrer, à partir du raisonnement humain partant de l’univers, qu’il existe un Dieu,[5] qui est parfait,[6] qui est bon,[7] qui est infinie,[8] qui est immanente et transcendante,[9] qui est immuable,[10] qui est éternelle,[11] etc. Si c’est le cas, alors les deux premières affirmations sont évidemment fausses. Quelqu’un va peut-être me dire, oui mais Thomas d’Aquin était un homme régénérée. Je l’avoue, mais, même si Thomas d’Aquin était un homme régénérée, il me semble que ses arguments ne dépends pas des écritures saintes (dans ses sections il se réfère aux Écritures Saintes non comme preuve, mais pour démontrer que ses arguments philosophique sont entièrement en accord avec l’enseignement claire de la Bible), et, donc, que ses arguments pourrait être fait par un personne non-régénérée. La question est, y-à-t’il un personne non-régénérée qui aurait fait les mêmes déductions ? Si non, alors il semblerait que les 3 affirmations ci-haut sont vrai, même si ce n’est que des vérités accidentelles.[12]

Ceux qui auraient étudié l’histoire de la philosophie vont tout de suite penser à un philosophe ancien – Aristote. Il me semble qu’il n’y a personne qui va contester le fait que, selon la définition normale de la régénération Chrétienne, Aristote n’était pas un homme régénérée. Donc, si Aristote n’était pas un homme régénéré, et si Aristote pense prouver l’existence d’un Dieu qui est, à la fois, transcendante et infinie, alors nous aurions démontré la fausseté des deux premières affirmations.

Aristote, dans la Métaphysique, dit la suivante, de ce qu’il appelle Dieu. « Il y a, par suite, aussi quelque chose que le meut; et puisque ce qui est à la fois mobile et moteur n'est qu'un terme intermédiaire, on doit supposer un extrême qui soit moteur sans être mobile, être éternel, substance et acte pur. »[13] Il dit, plus tard, « Et la vie aussi appartient à Dieu, car l'acte de l'intelligence est vie, et Dieu est acte même; et l'acte subsistant en soi de Dieu est une vie parfaite et éternelle. Aussi appelons-nous Dieu un vivant éternel parfait; la vie et la durée continue et éternelle appartiennent donc à Dieu, car c'est cela même qui est Dieu. »[14] Et, finalement, « Que donc il existe une substance éternelle, immobile et séparée des êtres sensibles, c'est ce qui résulte manifestement de ce que nous venons de dire. Nous avons démontré aussi que cette substance ne peut avoir aucune étendue, mais qu'elle est impartageable et indivisible: elle meut, en effet, durant un temps infini, alors que rien de fini n'a une puissance infinie; et tandis que toute étendue ne pourrait être qu'infinie ou finie, cette substance ne saurait, pour la raison qui précède, avoir une étendue finie; elle ne peut avoir non plus une étendue infinie, parce qu'il n'existe absolument pas d'étendue infinie, parce qu'il n'existe absolument pas d'étendue infinie. Mais nous avons montré aussi qu'elle est impassible et inaltérable, car tous les autres mouvements sont postérieurs au mouvement local. »[15]

Dans ces citations Aristote démontre l’existence d’un Dieu qui est : (1) immuable, (2) éternelle, (3) ousia,[16] (4) acte pur, (5) vivant, (6) intelligent – connaissant tout, parfaitement, (7) parfaite, (8) « séparée des êtres sensible » - autrement dit, totalement autre, absolument distinct de l’univers sensible, ou transcendante, (9) il n’est pas limité par l’espace (« aucune étendue »), ou, autrement dit, il est partout, (10) il est impartageable (absolument autre), (11) indivisible (unique et un), (12) tout puissant (basé sur le fait qu’il est puissant et infinie), (13) infinie, et (14) impassible.

Donc, selon ces textes, Aristote pense avoir démontré un Dieu qui transcendes l’univers et qui est infinie. Aristote, comme nous avons déjà constaté, n’était pas un homme régénéré. Donc, il s’ensuit qu’un homme non-régénérée à démontrer l’existence d’un Dieu qui est transcendante et infinie. Donc, il s’ensuit que les deux premières affirmations sont fausses.

Qu’est-ce qu’on fait avec la troisième affirmation : « L’homme non-régénéré ne peut pas démontrer que le vrai Dieu existe. » Il faut, premièrement, remarquer que ceci dépends de ce qu’on s’entend par « le vrai Dieu. » Si, pour démontrer que « le vrai Dieu » existe, il faut démontrer l’existence du Dieu Trinitaire, alors c’est sûr qu’aucun homme ne pourrait pas démontrer l’existence du vrai Dieu.[17] Mais, le véritable Dieu, selon la théologie Chrétien, est un Dieu trinitaire. Il semblerait, alors, que la troisième affirmation est nécessairement vraie.

Je contesterais cette conclusion hâtive avec deux réflexions. Premièrement, est-ce qu’Adam, Noé, Job, Abraham, Jacob, Isaac, Moise, Josué, le Roi David, Salomon, et tous les prophètes de l’Ancien Testament croyait dans un Dieu Trinitaire ? Les Chrétiens veulent dire, immédiatement, « Oui. Absolument. » ; et ils auraient raison d’un sens. De la même sens que ceux qui ne connaissaient pas la loi de la gravité explicitement, le connaissaient implicitement par le fait qu’il savait que des choses tombent toujours vers le centre de la terre ; les saintes de l’Ancien Testament croyaient dans le Dieu trinitaire, non explicitement, mais implicitement par le fait qu’ils croyaient, et obéissaient, le Dieu d’Abraham, Isaac, et Jacob, qui s’est révélée dans le Nouveau Testament comme le Dieu Trinitaire. Le Dieu de l’Ancien Testament se révèle comme étant un Dieu, la seule Dieu, etc. La connaissance explicite (c'est-à-dire, les contenus des croyances actuelle) que les saintes de l’Ancien Testament avaient de Dieu n’était pas que Dieu était trinitaire. Autrement dit, ils ne croyaient pas, explicitement, en un Dieu trinitaire. Question : est-ce qu’ils n’ont pas crue dans le vrai Dieu parce qu’ils ne savaient pas que Dieu était Trinitaire ? Je vous propose que malgré le fait qu’ils ne savaient pas que Dieu était trinitaire, ils avaient crue dans le vrai Dieu ! Donc, il semblerait que c’est aussi possible de démontrer l’existence, et les attributs, du vrai Dieu (si ce qu’on dit de la Dieu qu’on démontre corresponde à ce que la Bible dit de Dieu), sans savoir que ce Dieu est trinitaire.[18] Si c’est le cas, alors il me semble que Aristote à démonter l’existence du vrai Dieu, même s’il ne l’a pas compris comme il faut.

La deuxième réflexion que j’aimerais apporter est ceci : Est-ce qu’on doit être capable de démontrer (ou connaître, ou croire) toutes les vérités, sans aucun erreur, concernant « le vrai Dieu » pour être capable de démontrer (ou connaître, ou croire) l’existence et les attributs du « vrai Dieu » ? Basé sur la réponse à la première réflexions, nous sommes obligées de répondre à cette question avec une réponse négative. Si la réponse est « oui. », alors tous les saintes de l’Ancien Testament on crue dans une fausse Dieu, parce qu’ils ne savaient pas que le vrai Dieu est trinitaire. Il s’ensuit, aussi, qu’il n’y a aucun être humain qui croit au vrai Dieu, parce que, comme Jésus lui-même le dit, personne ne connaît le père sauf celui qui est venu lui manifester à l’homme. Aucun être humain (à l’exception de Jésus) ne connaît toutes les vérités, sans aucune erreur, concernant « le vrai Dieu ». S’il faut être capable de démontrer (ou connaître, ou croire) toutes les vérités, sans aucun erreur, concernant « le vrai Dieu » pour être capable de démontrer (ou connaître, ou croire) l’existence et les attributs du « vrai Dieu », alors aucun être humaine ne connait le vrai Dieu. Il me semble que c’est un standard qui est, peut-être, un peu trop élevé pour la capacité de connaissance de l’être humaine. C’est possible de connaître, « véritablement », l’existence, et certains attributs, d’un être (et donc, de connaître le vrai être en question) sans connaître toutes les vérités concernant cette être. Par exemple, si je vois un chat mort dans le rue devant ma maison, alors je sais (même si je ne sais pas comment il est mort, d’où il vient, etc.) qu’il y a (1) le corps d’un chat, (2) le corps d’un chat qui n’est plus vivant – mort, (3) sa position – dans le rue devant ma maison, (4) que cette chat ne vais plus jamais bougé par lui-même, etc. Donc, c’est possible de connaître des vérités concernant un être, sans connaître toutes les vérités concernant cet être. De la même manière il semblerait possible de connaître certaines vérités concernant Dieu, sans connaître toutes les vérités concernant Dieu. Et c’est une chance, parce que si ce n’était pas le cas, alors il n’y aurait personne qui pourrait connaître Dieu.

En effet, Paul, en Romains 1 :20, dit ceci, « En effet, les (perfections) invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient fort bien depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » Paul ne dit pas qu’on peut tout connaître de Dieu, ni qu’on peut savoir que Dieu est trinitaire. Paul ne dit qu’on peut connaître quelque chose de Dieu, quand on considère les choses qu’il a créées. Paul semblerait confirmer nos deux contestations.

Il me semble que ces deux réflexions, couplé avec ce que Paul enseigne en Romains 1 :20, nous laisse avec la conclusion suivante : C’est possible d’arriver à une certaine connaissance du véritable Dieu, sans toute connaître de Dieu, et, plus important, sans savoir que Dieu est trinitaire.[19] Si c’est le cas, alors, je propose, si on arrive à déduire l’existence d’un Dieu qui ressemble à celle de la Bible, en générale, alors nous avons déduit l’existence du vrai Dieu. On pourrait dire qu’il y a un minimum de vérités qu’on doit savoir. On doit savoir que Dieu transcendes l’univers (est absolument distinct de l’univers), et que Dieu est une vie, doué d’intellect qui est éternelle, immuable et infinie. Pourquoi ces attributs ? L’inverse de ces attributs ne pourrait pas, en aucun cas, corresponde à la Dieu de la Bible. Comme nous avons vue, ici-haut, Aristote (un homme non-régénérée) à démontrer l’existence d’un Dieu qui transcendes l’univers, et que Dieu est une vie, doué d’intellect qui est éternelle, immuable et infinie. De plus, il a démontré que l’intelligence et puissance de Dieu sont illimitées. Que Dieu est impassible et partout présente. Il me semble, alors, basé sur ces observations, que la troisième affirmation est aussi fausse.




[1]Cornelius Van Til, An Introduction to Systematic Theology, vol. 5 of In Defense of the Faith (1974; repr., Phillipsburg, NJ: P&R Publishing, 1982), 101.

[2]Ibid.

[3]Ibid., 57.

[4]Ibid., 57, 101-104

[5]Thomas d’Aquin, Somme Théologique I, Q. 2, A. 3. Cf. Thomas d’Aquin, Somme Contre les Gentils, tome 1, Q. 13.

[6]Aquin, ST I, Q. 4. Cf. Aquin, SCG, 1, Q. 28.

[7]Aquin, ST I, Q. 5 & Q. 6. Cf. Aquin, SCG, 1, Q. 37, 38, 39, 40, 41.

[8]Aquin, ST I, Q. 7. Cf. Aquin, SCG, 1, Q. 43.

[9]Aquin, ST I, Q. 8. Cf. Aquin, SCG, 1, Q. 26, 29.

[10]Aquin, ST I, Q. 9. Cf. Aquin, SCG, 1, Q. 16, 17, 18, 19, 20.

[11]Aquin, ST I, Q. 10. Cf. Aquin, SCG, 1, Q. 15.

[12]Un accident est quelque chose qui est vrai d’un X, mais ne fait pas partie de la nature de X, et pourrait aussi être faux de cette X sans changer la nature de X.

[13]Aristote, Métaphysique, 1072a23-26, trad. J. Tricot (Paris: VRIN, 1992), 2 :675. Nous allons utiliser l’excellente traduction de J. Tricot pour toutes les citations d’Aristote. Donc, à partir de cette note nous n’allons qu’utiliser les numéros de références de Bekker.

[14]Aristote, Métaphysique, 1072b27-30.

[15]Aristote, Métaphysique, 1073a3-13.

[16]Le mot que Tricot traduit comme « substance » est le mot grec « ousia ». Ce mot est très difficile à traduire en français et fait référence à l’existence d’une nature. Donc, de dire que Dieu est ousia, est de dire que Dieu est existant et qu’il a un nature.

[17]Ceci est le cas parce que, comme tous ceux qui pensent pouvoir démonter l’existence de Dieu vont dire, on ne peut que démontrer l’existence d’un seul Dieu (comme décrit par Thomas d’Aquin et Aristote). Que Dieu est une trinité est une vérité qui nous est proposé comme vrai par la Bible, et qu’on doit accepter par la foi.

[18]Ceci soulève une autre question : Est-ce que l’homme peut être sauvé sans croire dans la Trinité? Je pense que la réponse est, selon Romains 1-5 et Romains 10 :9-10, un « non » catégorique.

[19]Ceci ne veut pas dire qu’on est « sauvé » de la colère de Dieu. Les hommes qui, selon Romains 1 et 2, tombent sous la juste colère de Dieu, était capable de savoir que Dieu existe (Rom. 1 :18-20), qu’il y avait un standard morale pour les être humaines (Rom. 1 :32), et, même, que ce Dieu juge ceux qui agit ainsi (Rom. 1 :32). Il n’était pas « sauvé » de la juste colère de Dieu parce qu’ils connaissaient ces 3 faits importants, au contraire, Paul nous enseigne que c’est à cause du fait qu’ils connaissaient ces 3 faits, mais qu’ils persistaient dans leurs actions pécheresse, qu’ils sont condamnées.

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