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EST-CE QUE L'AVORTEMENT EST MORALEMENT BIEN OU MAL?

(La version anglaise de cet article peut être vu ici. Il serait utile, pour bien comprendre l'argument présenter ici, de considéré ma séries anglais sur ce que ca veut dire être un être humain. Suivre ce lien pour trouver le premier article dans la séries.)

Une des questions les plus débattues de nos temps est de savoir si, oui ou non, l'avortement est moralement acceptable, et, si oui, jusqu'à quel stade du développement de la substance qui est créé par la fécondation d'un ovule humain par un spermatozoïde humain?[1] Cet argument se base sur une conception aristotélicienne de la nature humaine, et, donc, ce n'est pas un argument religieux,[2] mais purement philosophique. L'argument suivant semble démontrer que l'avortement, à partir du moment de la fécondation de l’œuf humaine, constitue un instant de meurtre prémédité, dans le cas que le meurtre prémédité soit défini comme la planification de tuer un être humain, ce qui est suivi par la mise en action du plan, qui finit par l’assassinat de l'être humain visé; ou, autrement dit, tuant avec succès un être humain d'une manière qui était prévu avant l'action meurtrière. En outre, si l'argument est valide, et les prémisses vraies, alors c'est un fait moralement objectif que l'avortement de substance créé par la fécondation humaine est aussi moralement dépravé que ce qu’on considère, normalement, comme le meurtre prémédité, et cette conclusion est basée sur la nature humaine. Aristote définit l'homme comme un animal rationnel. Nous allons accepter cette définition comme étant fondamentalement vrais.

L'argument est le suivant:

1.      X est humain si, et seulement si, X est un animal avec une forme rationnelle.
2.      X possède une forme rationnelle si, et seulement si, X est soit capable, en acte, de penser rationnellement, soit capable, en puissance, de penser rationnellement.
3.      La substance créée par la fécondation humaine est capable, en puissance, de pensée rationnellement.
4.      Par conséquent, la substance créée par la fécondation humaine possède une forme rationnelle. (de 2 et 3)
5.      Par conséquent, la substance créée par la fécondation humaine est humaine, par définition. (de 1 et 4)
6.      Le meurtre prémédité est de tuer, avec succès, un être humain d'une manière qui était prévue avant l'action meurtrière. (Si X est tué selon un plan préétabli, et X est un être humain, alors X est victime d’un meurtre prémédité.)
7.      La substance créée par la fécondation humaine est tuée selon un plan préétabli quand il est avorté.
8.      Donc, de tuer (avorter) la substance créée par la fécondation humaine est de commettre un meurtre prémédité. (de 5, 6 et 7)

Une conséquence de cet argument est que, s’il est moralement inacceptable de commettre le meurtre prémédité, alors il est moralement inacceptable de tuer la substance créée par la fécondation humaine. Par conséquent, l'avortement est un instant du meurtre prémédité.

Pour ceux qui s’intéressent à la logique, j'ai formulé cet argument à l'aide de la logique des prédicats, et il semble être valide.[3] Si l’argument est valide, alors le succès de cet argument dépend, bien entendu, de la vérité de chacune des prémisses.

Prémisse 1 est, essentiellement, la définition aristotélicienne de la nature humaine. Cette définition est aisément défendue par Aristote lui-même, y compris une pléthore de philosophes aristotélicienne, donc, je ne le défendrais pas ici. (Aussi je défends cette définition dans le séries mentionné au début.)

Prémisse 2 fait suite à la première prémisse j'utilise les termes acte et puissance au sens aristotélicien, où ce qui est en puissance à A, ne possède pas actuellement, ou n'est pas présentement dans un état ​​d'A; mais, ce qui est en puissance à A, en raison de sa forme ou nature, et avec une certaine maturité et le bon fonctionnement des organes, va posséder, ou être capable d'être dans un état de A. Donc, par exemple, si une graine d’arbre n'est pas encore un arbre, alors il est en puissance pour devenir un arbre. Même si un enfant humain n'est pas encore un adulte humaine, il est toujours humain, et il est en puissance à l'âge adulte et en puissance à toutes les capacités posséder par l'adulte. En fait, une personne humaine qui est dans un coma est autant en puissance à la pensée rationnelle qu’un enfant humain qui n’a pas encore appris à réfléchir. Le terme actuellement, ou, en d'autres termes, être en acte fait référence au fait que, si quelque chose est A, alors il est en possession de, ou est actuellement dans un état ​​de, A. Alors, la graine est en puissance pour être un arbre, mais il est actuellement une graine. Un enfant est en puissance à l'âge adulte, mais il est actuellement un enfant. Avec ces concepts à l'esprit, la prémisse 2 n’est autre que l’affirmation qu'un être qui possède une forme rationnelle est soit actuellement dans l'acte de raisonnement (comme je suis en ce moment, et que le lecteur est en lisant ces mots), ou cet être n’est pas vraiment en train de raisonné à l'heure, mais ils sont en puissance à l'acte de raisonnement, comme une personne qui dort ou qui est dans un coma, ou comme un enfant âgé d'un an qui ne peuvent pas encore raisonné, ou comme la substance créée par la fécondation humaine.

Prémisse 3 est peut-être un point de friction; cependant, il semblerait suivre nécessairement la prémisse 2, et il est basé sur deux faits. Tout d'abord, si la substance qui est créée par la fécondation d'un ovule humain par un spermatozoïde humain n'est pas réellement capable de raisonner, alors il est en puissance à l'acte de raisonnement. Il s'agit d'une observation empirique basée sur le fait que, à moins que la substance qui est le résultat de la fécondation humaine meure prématurément, ou soit constituée par des matériels défectueux, il va, inévitablement, non seulement être capable de raisonner, mais passera la plupart de ses heures de veille impliqué dans une forme de raisonnement. Deuxièmement, basé sur notre définition de la puissance, s’il n'est pas actuellement en train de raisonner, mais est capable de raisonner, alors il est en puissance à la pensée rationnelle. Il peut y avoir un problème ici: pouvons-nous dire que quelque chose est en puissance à la rationalité parce qu'il a une forme rationnelle, ou devons-nous dire que quelque chose a une forme rationnelle parce qu'il est actuellement dans le processus de raisonnement, ou est en puissance à la pensée rationnelle? C'est une question intéressante. Pour le moment, de toute façon, je suis d'avis que lorsque nous disons que quelque chose a une forme rationnelle nous effectuons un acte de classement. Par conséquent, bien que la forme précède la rationalité dans la substance elle-même (métaphysiquement), l'observation de la rationalité (réellement ou seulement potentiellement) dans un sujet précède la catégorisation (épistémologique). Pour Aristote, la forme est dans la chose elle-même, et notre classification des choses dans leurs différents genres et espèces est un acte de l'intellect. Les choses sont ce qu'elles sont en raison de leur forme; nous savons qu'ils sont ce qu'ils sont en raison de l'abstraction intellectuelle de la forme intelligible lors de notre observation de la chose. Par conséquent, le problème ci-dessus n'est pas vraiment un problème; il apporte simplement la distinction que nous venons de faire. La réponse à ce dilemme ci-dessus est "oui".

Comme indiqué ci-dessus, la prémisse 4 fait suite à la prémisse 3 épistémologiquement parlant. Il semblerait que nous pourrions changer l'ordre de ces deux prémisses sans affecter, énormément, l'argument, si nous voudrions mettre l'accent plus sur la nature métaphysique de la substance en question que sure notre connaissance de sa nature.

Prémisse 5 est la conclusion des quatre premières prémisses, et si les quatre premières prémisses sont vraies, alors prémisse 5 semble suivre nécessairement. Maintenant, tout comme les prémisses suivantes semblent démontrer, si la prémisse 5 fait suite aux prémisses 1-4, alors nous sommes mis dans une situation désagréable en ce qui concerne l'avortement, à tous les stades de développement à partir de la fertilisation de l’œuf humaine par le spermatozoïde humain.

Prémisse 6 est une définition relativement simple du meurtre prémédité. Peut-être quelqu'un voudrait ajouter des nuances; cependant, je crois que cette définition donne un résumé approprié de ce qui est généralement considéré comme le meurtre prémédité. (Des exceptions ne sont que des exceptions. Ils n'enlèvent rien à l'observation générale.)

Prémisse 7 est présumée pour l'argument, mais il est un fait de la réalité moderne. Tous les jours (et je suis désolé si je sous-estimer le nombre) des milliers d'avortements sont effectués, à travers le monde entier ; et ceux-ci ont lieu à presque toutes les étapes du développement de la substance qui est causée par la fécondation humaine. Habituellement, de tuer la substance qui est causée par la fécondation humaine après la naissance est considérée comme un meurtre prémédité, et c’est traité comme tel, pourtant les médecins, les patients, les politiciens et les activistes, semblent être capable de trouver des raisons pour rationalisé le meurtre de la substance qui est causée par la fécondation humaine à n'importe quel stade de son développement jusqu’avant la naissance. Par conséquent, la prémisse 7 n'est pas vraiment sujet de débat.

Prémisse 8 est, tout simplement, la conclusion des prémisses 1-7. Logiquement, il semble suivre, et si j'ai réussi mon argument, alors cet argument est non seulement valide logiquement, mais les prémisses sont aussi vraies, et, par conséquent, la conclusion est également, et nécessairement, vrai.



[1]Je vais utiliser, autant que possible, le terme substance créé par la fécondation humaine pour faire référence à l'être qui est la fusion du spermatozoïde humain et de l'ovule humaine, plutôt que d’utiliser des termes qui sont moins moralement neutres, telle que: bébé humain, fœtus humain, etc. Ce ne sera pas satisfaisant pour ceux qui sont pro-vie militants, qui diraient, probablement, que je donne trop de terrain à ceux qui sont pro-choix militants. S'il vous plaît, pardonnez-moi pour cela. Si quelqu'un le désire, ils peuvent lire bébé, ou le fœtus humain dans ce texte, il ne changera pas l'effet de l'argument. Pour ceux qui ont l’esprit plus philosophique, le terme substance est, en effet, un terme très controversé. J'utilise ce terme dans le sens aristotélicien pour faire référence, plus ou moins, à la chose particulière (essence) existant réellement, ou, à un être qui est doté d'une certaine nature. On pourrait ajouter que la substance de X, dans le cas où X est un être qui est soumis au changement, est-ce qui nous permettre de dire que X à t1 est la même chose que X à t2, t3, t4 jusqu’à tn. C’est ce qui fait en sort que X est 1 X et un X. Je maintiens la plus de distance que possible de la définition lockéen de substance, c'est-à-dire, que la substance est le substrat inconnaissable d'une chose quelconque. Quand on voit un homme avec des cheveux bruns, qui est 6'6", marcher dans la rue, nous sommes immédiatement informés de ses accidents, mais cette prise de conscience n'est possible que si nous sommes à la fois conscients de sa substance, l'être qui possède les accidents et qui est doté d'une nature humaine.

[2]Je ne présuppose aucune affirmation or doctrine religieuse dans cet argument.

[3]Si on utilise la logique des prédicats pour symboliser cet argument, il va avoir l’aire comme ceci:

1. ∀x (Hx↔Rx)                        A 

2. ∀x (Rx ↔(Tx v Px)               A 

3. ∀x ((Kx & Hx) → Mx)           A 

4. Pf                                         PA 

5. Hf ↔ Rf                               1∀O 

6. Rf ↔(Tf v Pf)                       2∀O 

7. (Tf v Pf) → Rf                     6↔O 

8. Tf                                       PA 

9. Tf v Pf                                4vI 

10. Rf                                     7, 9→O 

11. Tf→Rf                              8-10vI 

12. Rf→Hf                              5↔O 

13. Hf                                    10,12→O 

14. Pf→Hf                              4-13→I 

15. Kf                                    PA 

16. (Kf & Hf)→Mf                   3∀O 

17. Kf & Hf                            13, 15&I 

18. Mf                                   16,17→O 

19. Kf→Mf                             15-18→I

Clé :
Hx = x est humain.
Rx = x possède une forme rationnelle.
Tx = x pense rationnellement actuellement.
Px = x est en puissance à la pensée rationnelle.
Kx = x est tué selon un plan prémédité.
Mx = x est la victime d'un assassiner prémédité.
f = la substance créée par la fécondation humaine.

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