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La position Calviniste sur la Souveraineté Divine et la Libre arbitre

Le calvinisme est une position théologique qui a gagné beaucoup de popularité chez les protestants au cours des dernières années, en raison principalement des écrits des néo-calvinistes comme John Piper, John MacArthur, Tim Keller, Albert Mohler et Don Carson. Pour le calviniste, la souveraineté divine et le libre arbitre humain sont compatibles. Nous allons donner un survol introductoire à la position Calviniste de la relation entre la liberté humaine et la volonté divine, suivi par quelques pensées concernant des difficultés possible qui pourrait ressortir des déclarations donner ici. Avant de continuer je vous invite de lire les deux publications introductoire à cette séries: Partie 1 et Partie 2. Pour notre exposition du calvinisme nous utiliserons essentiellement le livre de Jonathan Edwards, de la liberté de la volonté,[1] et le livre de J. Gresham Machen, The Christian View of Man.[2]


La souveraineté divine

Les calvinistes sont de l'avis que Dieu, par sa souveraineté, régit ou détermine toutes choses. Machen dit: « Combien est embrassé dans le dessein éternel de Dieu? La vraie réponse à cette question est très simple. La vraie réponse est ‘tout’. Tout ce qui arrive est embrassé dans le dessein éternel de Dieu; rien du tout ne se passe en dehors de son plan éternel. »[3] En fait, la providence divine s'étend à même les actes libres de ses créatures. « Selon la Bible, Dieu gouverne tout et la Bible est particulièrement claire dans l'enseignement qu'il détermine les actes volontaires de ses créatures. »[4] Est-ce par sa prescience que Dieu a prédéterminé tout ce qui arrive dans ce monde, avant même que l’univers soit créé, même les futurs actes libres de créatures volontaires.[5]


La liberté de la volonté

Le livre de Jonathan Edwards, La liberté de la volonté, est une œuvre autoritaire sur le sujet de la libre volonté pour le calvinisme. Dans ce livre, il prétend expliquer la signification du libre arbitre de l'homme et de la prescience de  Dieu  qui connaît toutes choses avant qu'elles ne se produisent, avant même qu'il ait créé le monde. Dans la définition de la liberté de la volonté humaine, il commence par définir la volonté, puis ensuite il définit la liberté.

Edwards définit la liberté comme « Le pouvoir, l'opportunité ou l’avantage que tout le monde a pour faire ce qu'il désire...étant libre de tout empêchement ou entrave à son action ou de faire à tous égards, comme il veut. »[6] Liberté, pour le calviniste, est uniquement liée à la volonté dans le sens que l'agent est libre si l'agent n’est pas empêché dans la poursuite de l'objet de sa volonté. La volonté, cependant selon Edwards, peut être déterminée sans enlever la liberté de l'agent. Indépendamment de la façon dont la volonté d'une personne est déterminée, l'agent est libre tant qu'il n'est pas empêché dans la poursuite ou mise en action de sa volonté.

Edwards définit la volonté comme « ce par lequel l'esprit choisit tout ou n’importe quoi. »[7] En ce qui concerne la détermination de la volonté, Edwards dit que : « la volonté est dite être déterminée, lorsque, à la suite d'une action ou influence, son choix est dirigé vers et se fixe sur un objet particulier ».[8]

Pour le calviniste, alors la liberté de la volonté signifie qu'un agent qui possède le pouvoir de faire ce qu'il veut (d'agir librement) n’est pas entravé dans la poursuite de l'objet de sa volonté. La volonté d'un agent peut être déterminé ou dirigé vers quelque chose, sans enlever la liberté de l'agent.


La position calviniste de la souveraineté divine et le libre arbitre

Le calviniste affirme que Dieu détermine toutes choses, même la volonté de chaque agent volontaire. L'homme, cependant, ne perd pas sa liberté quand Dieu détermine la volonté de l'homme, parce que Dieu n’empêche pas l'homme, en aucune façon, de poursuivre et de réaliser ce que Dieu veut que l'homme désire. En d'autres termes, Dieu détermine la volonté de chaque agent volontaire, qui agit alors librement sur sa volonté prédéterminée. Machen dit de Dieu: « Il ne les oblige pas à faire des choses contre leur volonté, mais il détermine leur volonté, et leur liberté comme individus est pleinement préservée quand ils effectuent ces actes. »[9] Par conséquent, le calviniste affirme que la souveraineté divine et le libre arbitre humain sont bien compatibles. Toutefois, la position calviniste du libre arbitre serait plus appropriée nommée « la liberté de l'action humaine. »

Le meilleur exemple que nous pourrions utiliser pour expliquer la position calviniste serait celle d'un robot aspirateur moderne. Son but et « volonté », pour ainsi dire, sont prédéterminés par le programmeur, mais dans l'action de l'aspirateur, le robot se déplace librement. Ses actions sont libres en raison du fait qu'il n’est pas empêché aucunement dans l'accomplissement des actions qu'il « veut ». Personne ne le déplace, il se déplace par lui-même. Selon l'explication calviniste du libre arbitre, nous pourrions dire que ce robot a « le libre arbitre ».

Une telle conception de la libre volonté est, dans le meilleur des cas, une pseudo-liberté, par laquelle je prétends être techniquement « libre » dans mes actions, mes actions sont déterminées par ma volonté. Cependant, ma volonté est déterminée par Dieu. Par conséquent, si ma volonté est déterminée par Dieu, et mes actions sont déterminées par ma volonté, alors, toutes mes actions sont déterminées par Dieu. Cela, bien sûr, supprime toute responsabilité de l’homme que nous pourrions dire qu’il a pour ses actions. Quelqu'un peut-il vraiment être tenu responsable des actes qu'il n'a pas librement et personnellement choisi d'effectuer? Si je ne suis pas responsable de mes actions, alors comment puis-je être jugé pour ce que j’ai fait? À la lumière de ce problème grave, nous devrions conclure que le calvinisme ne donne pas une réponse adéquate au problème de la relation entre la souveraineté divine et la liberté humaine. Donc, nous allons maintenant examiner le théisme ouvert.




1Jonathan Edwards, Freedom of the Will (1757; repr., Goodyear, AZ: Diggory Press, 2008).

[2]J. Gresham Machen, The Christian View of Man (1937; repr., Edinburgh: Banner of Truth Trust, 1995).

[3]Ibid., 35. Traduction le mien, en Anglais on lit, “How much is embraced in the eternal purpose of God? The true answer to that question is very simple. The true answer is ‘Everything’. Everything that happens is embraced in the eternal purpose of God; nothing at all happens outside of His eternal plan.”

[4]Ibid., 39. Traduction le mien, en Anglais on lit, “According to the Bible, God governs all, and the Bible is particularly clear in teaching that He predetermined everything that happens in creatures.” Quand on dit que Dieu a prédestiné tout ce qui arrive dans les créatures, on dit que Dieu a même déterminé quels choix les créatures allaient prendre face à l'évangile. En expliquant la prédestination et la préscience divine, Jean Calvin, dans les Institutes de la religion Chrétien, explique que, "Nous appelons Prédestination: le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu'il vouloit faire d'un chacun homme, Car il ne les crée pas tous en pareille condition: mais ordonne les uns à vie éternelle, les autres à éternelle damnation. Ainsi selon la fin à laquelle est créé l'homme nous disons qu'il est prédestiné à mort ou à vie. (Jean Calvin, Institution de la religion chrestienne (Paris: C. Meyrueis, 1859), 2:245.) " Noter que Calvin affirme que Dieu a créée certaines hommes pour qu'ils soient envoyés en enfer, et d'autres hommes pour qu'ils soient glorifié. Calvin nie que la prédestination se base sur la connaissance divine (la préscience), donc, selon Calvin, on ne peut pas dire que Dieu prédestine certaines hommes, qu'il aurait connu à l'avance, à la gloire, et d'autres à l'enfer. C’est étrange, à la lumière de Romains 8 :29-30, que Jean Calvin se sent allaise de dire que la prédestination de Dieu est banalisé par ceux qui disent que la préscience divine est la cause de la prédestination (John Calvin, Institutes of the Christian Religion, trans. Henry Beveridge (Peabody, Mass :Hendrickson, 2008), 609.). Est-ce que Paul banalise la prédestination parce qu’en disant que Dieu a prédestiné ceux qu’il a, d’avance, connu il affirme que la prédestination se base sur la préscience divine – c'est-à-dire, que Dieu prédestine à cause de sa préscience (Paul dit, "Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés...")? Calvin cherche, probablement, d’éviter la notion que la connaissance de Dieu se base sur les actions humaines (qui semble être l’affirmation des Arminiens), et en évitant cette erreur il fait bien; mais il faut faire attention de ne pas tordre le parole de Dieu pour éviter une erreur, et en évitant une erreur de tomber dans une plus grande erreur. La connaissance divine est la cause de toute ce qui est, mais la prédestination (qui est la déclaration de comment la plan divine va se déroulé, et, donc, qui est contingent sur la création) est un attribue divine qu’on ne pourrait pas attribuer à Dieu s’il n’y avait pas de création, donc la prédestination est dit de Dieu seulement à cause de la relation de la création à Dieu, et non parce que la prédestination est intrinsèque à sa substance. Donc, la prédestination n’aurait pas lieu si Dieu n’avait pas créée. Si la connaissance divine est la cause de la création, et si la prédestination ne peut être dit de Dieu que s’il créée, alors la prédestination est, dans un sens, dépendant de l’acte créatrice divine, et causé par la connaissance divine. Compris de ce sens nous sommes capables d’affirmer, à la fois, que la prédestination est causée par la préscience, et que la préscience ne dépend pas de la créature, mais que la créature dépend de la connaissance divine (décrit, pour nos faibles esprits limités par le temps, comme préscience).

[5]Edwards, 66, 78-9.

[6]Ibid., 23. Traduction le mien. En Anglais on lit, “The power, opportunity, or advantage, that anyone has, to do as he pleases…being free from hindrance or impediment in the way of doing, or conducting in any respect, as he wills.”

[7]Ibid., 7. Traduction le mien. En Anglais on lit, “that by which the mind chooses anything.”

[8]Ibid., 9. Traduction le mien. En Anglais on lit, “the will is said to be determined, when, in consequence of some action, or influence, its choice is directed to, and fixed upon a particular object.”

[9]Machen, 44. Traduction le mien. En Anglais on lit, “He does not cause them to do those things against their will, but He determines their will, and their freedom as persons is fully preserved when they perform those acts.”

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