Skip to main content

Une brève réflexion sur l'euthanasie

L'euthanasie, qui a été définie de plusieurs manières, est le suicide assisté par un médecin. Parfois on définit l'euthanasie d'une autre manière parce qu'on ne veut pas utiliser le mot "suicide" dans la définition, et ceci parce que le suicide est généralement vu comme étant mauvais.

La question est : "Pouvons nous écarter la notion de suicide de celle de l'euthanasie ?". La réponse est "non".

L'euthanasie est ce qui arrive lorsqu'une personne désire mourir et demande à des médecins de la tuer parce qu'elle n'est pas capable de le faire elle même.

Le suicide est, par définition, l'acte intentionnel de se tuer. Donc, l'euthanasie est, proprement définie, le suicide assisté. Philosophiquement parlant, et basé sur les définitions, si on veut affirmer que l'euthanasie est moralement bonne, alors nous devons tout d'abord démontrer que le suicide est bon. S’il l'est alors le suicide assisté par un médecin est également bon, et même meilleur que le suicide sans assistance ou assisté par quelqu'un qui n'est pas médecin.[1]

Je ne pense pas qu'il est possible de démontrer que le suicide est moralement bon; et j'ai écrit deux publications de blog à ce sujet (partie 1 et partie 2) qui démontrent philosophiquement que le suicide n'est jamais bon. Ainsi, si le suicide n'est jamais bon, alors il en découle nécessairement que le suicide assisté n'est jamais bon.


En philosophie il y a un moyen de démontrer l'erreur, ou la dangerosité, d'une façon de penser. On l'amène à ses conclusions nécessaires et possibles. Comment allons nous trancher entre qui a le droit d'être tué par un médecin et qui ne l'a pas ?

Je suggère que la définition de l'euthanasie permet, ultimement, que même des personnes qui sont physiquement capables de se suicider, mais qui ne sont capables émotionnellement ou mentalement (par un manque de détermination, par exemple), de commettre le suicide, seront admissible pour l'euthanasie.

Après tout, l'euthanasie est l'acte de tuer quelqu'un qui ne peut pas le faire elle-même, à sa demande. Sommes-nous prêts à ce que n'importe quelle personne en détresse émotionnelle ait le droit de demander à des médecins de la tuer ? Cette situation est une conséquence possible de ce qui pourrait arriver si cette pratique est approuvée. Un autre exemple, sommes nous prêts à permettre à des enfants (5-18), avec le consentement de leurs parents, d'avoir recours à l'euthanasie ? Parce que ceci est, aussi, une situation qui serait tout à fait possible et légale si on légalise l'euthanasie.

Le Québec veut toujours être considéré comme une nation en train d'avancer les droits humains. Parfois il faut se demander si c'est bien de légaliser certains actes qui ne sont pas moralement acceptables, afin d'être une nation libre. Certains actes et choix ne sont pas moralement bons, et le gouvernement est supposé interdire de telles actions. Je trouve ridicule qu'il est illégal de conduire en hiver sans des pneus d’hiver, mais qu'on cherche à légaliser le suicide assisté. D'un côté nous cherchons à sauver des vies mais de l'autre nous permettons de se tuer. Nous voulons sécuriser les routes mais nous transformons des centres médicaux pour qu'ils deviennent des lieux où nous pouvons nous tuer.

La médecine qui a prit le serment d’Hippocrate, de toujours chercher à sauver des vies, est maintenant obligée de tuer tous ceux qui le demandent.

Merci à Illia Chtcheglov qui a corriger ce texte, et Pierre-Étienne Loignon qui a inspiré les pensées dans le note de bas de page (qui sont, d'ailleurs, vraiment importants).


[1]Je n'ai pas abordé, par exprès, la question d'un personne qui aurait est garder en état de légume (et/ou sous médication), pour la simple raison qu'ils ne pourraient pas demander à la médecine de les tuer. Un tel cas ne pourrait pas être, par définition, un instant de suicide assisté. Dans un tel cas, la médecine va souvent demander à la famille s'ils voudraient le garder sur le soutien de vie (life support). C'était ce qui a eu lieu avec mon Grand-père qui est mort du cancer au cerveau. Dans une telle situation on ne peut pas parler de suicide assisté, parce que la personne en question ne peut pas (même s'il/elle le voulait) demander à la médecine de le tuer. Ce qui se passe (j’étais présente quand ca a eu lieu pour mon grand-père, et j'en ai parlé avec d'autres personnes qui ont vécu la même situation), est que la médecine demande à la famille ce qu'ils pensent être le meilleur. Dans un tel cas on ne peut pas parler de suicide assisté (dû à la définition de suicide), mais, ca serait plus exact de dire qu'on le laisse mourir en dignité. Aussi, un refus de traitement ne qualifie pas, non plus, comme un suicide assisté. Un refus de traitement arrive lorsqu’une personne va mourir si on ne les traite pas, et que la personne refuse le traitement en question. C'est 'est tout-à-fait légale, et permis, pour un patient de refuser un traitement qui pourrais sauver sa vie. Ceci ne qualifie pas comme suicide assisté.

Pour que l'euthanasie ait un sens, la personne qui veut mourir doit être en mesure de demander, elle-même, à la médecine de la tuer. Aussi, pour que l'euthanasie ait de la sens, ce n'est pas une question de laissé quelqu'un mourir qui allait seulement rester en vie dans un état de légume, mais de tuer de façon active (d'administré un traitement qui fait en sorte, de façon positive, que la personne meurt. Positive est l'opposé de négative, qui, dans un tel discours aurais le sens d'un refus de traitement.) Quelqu’un qui est capable de demander qu'on l'a tue, mais qui n'est pas en mesure de le faire soi-même (il n'y a aucun précision sur si c'est dû a un incapacité physique, ou a une incapacité mentale - manque de détermination). 

Il faut comparer des pommes avec des pommes, pas des oranges. Je suis d'accord que la médecine prolonge des "vies" de façon artificielle, et que ce n'est pas claire que la personne en question est toujours vivante (tout un autre sujet). Je ne vois aucun problème avec un refus de traitement, ni avec le choix d’une famille d'enlever la soutiens médicale qui garde la personne en état de légume. Le problème de l'euthanasie, et qu'il n'est pas un de ces deux choses mentionné (ils sont tous les deux déjà pratiqué et tout à fait normale), l'euthanasie la suicide assisté, la patient demande à la médecine de le tuer en administrant un poison (une substance qui tue) au lieu d'un médicament (une substance qui aide à la survie).

Popular posts from this blog

How Kant’s Synthesis of Empiricism and Rationalism resulted in Agnosticism

Immanuel Kant, presented with the extreme empiricism of Hume and the extreme rationalism of Liebniz, which he discovered through the writings Wolff, sought to take a middle road between these two extreme philosophical positions. I would submit that Kant’s synthesis of these two views leads to an agnosticism about what Kant called “the thing-in-itself”, and ultimately to the philosophical positions known as Atheism, determinism, and nihilism.


Kant’s Sources
First of all, Kant was influenced by Hume’s empiricism and Newton’s physics. He saw that the physical sciences, in contrast to rationalistic metaphysics, were actually making advances. They were making discoveries, and building a system of knowledge that accurately described the world of our sense perceptions. Rationalistic metaphysics, on the other hand, was floundering amidst the combating systems that the philosophers were erecting. It did not provide new knowledge, and only led to unacceptable conclusions, such as the Absolute Mon…

LEISURE: THE BASIS OF CULTURE – A BOOK REVIEW

Leisure: The Basis of Culture & the Philosophical Act. Josef Pieper. Translated by Alexander Dru. 1963. Reprint, Ignatius Press, 2009. 143 pp. $12.99. ISBN 978-1-58617-256-5.
            This book is composed of two articles written by the German philosopher Josef Pieper. Though the two articles are intimately connected, they form two distinct works; as such, this book review will begin by giving a brief introduction to the works in question, followed by and exposition of each of the works individually. The two articles that are included in this book, Leisure: the Basis of Culture and The Philosophical Act, were both published in 1947, and, as such, were written during the cultural crisis in Germany that followed the Second World War. Not only did Pieper have the cultural crisis in mind when he wrote these articles, but he was also writing in light of the works of the most well-known German philosopher of the time – Martin Heidegger. As such, any reader who is familiar with Heidegg…

IDENTITY AND DIFFERENCE by Martin Heidegger

I don’t propose to attempt any sort of reply to Martin Heidegger in this article. The purpose of this article is to explain Martin Heidegger’s thoughts, as they are found in the book, Identity and Difference. Martin Heidegger is a difficult thinker to understand, and requires a lot of work to fully appreciate his arguments. My primary goal in this article is to introduce the reader to two very important articles written by Heidegger, and, I hope, to properly explain Heidegger’s views on Being and beings.
            This book is composed of two articles written by Martin Heidegger and translated with an introduction by Joan Stambaugh. The first article, The Principle of Identity, is “the unchanged text of a lecture given on the occasion of the 500th anniversary of the University of Freiburg im Breisgau, for the faculty day on June 27, 1957.”[1] The second article The Onto-theo-logical Constitution of Metaphysics, is “the explication that concluded a seminar during the wint…