Wednesday, July 2, 2014

EST-CE QUE L'AVORTEMENT EST MORALEMENT BIEN OU MAL?

(La version anglaise de cet article peut être vu ici. Il serait utile, pour bien comprendre l'argument présenter ici, de considéré ma séries anglais sur ce que ca veut dire être un être humain. Suivre ce lien pour trouver le premier article dans la séries.)

Une des questions les plus débattues de nos temps est de savoir si, oui ou non, l'avortement est moralement acceptable, et, si oui, jusqu'à quel stade du développement de la substance qui est créé par la fécondation d'un ovule humain par un spermatozoïde humain?[1] Cet argument se base sur une conception aristotélicienne de la nature humaine, et, donc, ce n'est pas un argument religieux,[2] mais purement philosophique. L'argument suivant semble démontrer que l'avortement, à partir du moment de la fécondation de l’œuf humaine, constitue un instant de meurtre prémédité, dans le cas que le meurtre prémédité soit défini comme la planification de tuer un être humain, ce qui est suivi par la mise en action du plan, qui finit par l’assassinat de l'être humain visé; ou, autrement dit, tuant avec succès un être humain d'une manière qui était prévu avant l'action meurtrière. En outre, si l'argument est valide, et les prémisses vraies, alors c'est un fait moralement objectif que l'avortement de substance créé par la fécondation humaine est aussi moralement dépravé que ce qu’on considère, normalement, comme le meurtre prémédité, et cette conclusion est basée sur la nature humaine. Aristote définit l'homme comme un animal rationnel. Nous allons accepter cette définition comme étant fondamentalement vrais.

L'argument est le suivant:

1.      X est humain si, et seulement si, X est un animal avec une forme rationnelle.
2.      X possède une forme rationnelle si, et seulement si, X est soit capable, en acte, de penser rationnellement, soit capable, en puissance, de penser rationnellement.
3.      La substance créée par la fécondation humaine est capable, en puissance, de pensée rationnellement.
4.      Par conséquent, la substance créée par la fécondation humaine possède une forme rationnelle. (de 2 et 3)
5.      Par conséquent, la substance créée par la fécondation humaine est humaine, par définition. (de 1 et 4)
6.      Le meurtre prémédité est de tuer, avec succès, un être humain d'une manière qui était prévue avant l'action meurtrière. (Si X est tué selon un plan préétabli, et X est un être humain, alors X est victime d’un meurtre prémédité.)
7.      La substance créée par la fécondation humaine est tuée selon un plan préétabli quand il est avorté.
8.      Donc, de tuer (avorter) la substance créée par la fécondation humaine est de commettre un meurtre prémédité. (de 5, 6 et 7)

Une conséquence de cet argument est que, s’il est moralement inacceptable de commettre le meurtre prémédité, alors il est moralement inacceptable de tuer la substance créée par la fécondation humaine. Par conséquent, l'avortement est un instant du meurtre prémédité.

Pour ceux qui s’intéressent à la logique, j'ai formulé cet argument à l'aide de la logique des prédicats, et il semble être valide.[3] Si l’argument est valide, alors le succès de cet argument dépend, bien entendu, de la vérité de chacune des prémisses.

Prémisse 1 est, essentiellement, la définition aristotélicienne de la nature humaine. Cette définition est aisément défendue par Aristote lui-même, y compris une pléthore de philosophes aristotélicienne, donc, je ne le défendrais pas ici. (Aussi je défends cette définition dans le séries mentionné au début.)

Prémisse 2 fait suite à la première prémisse j'utilise les termes acte et puissance au sens aristotélicien, où ce qui est en puissance à A, ne possède pas actuellement, ou n'est pas présentement dans un état ​​d'A; mais, ce qui est en puissance à A, en raison de sa forme ou nature, et avec une certaine maturité et le bon fonctionnement des organes, va posséder, ou être capable d'être dans un état de A. Donc, par exemple, si une graine d’arbre n'est pas encore un arbre, alors il est en puissance pour devenir un arbre. Même si un enfant humain n'est pas encore un adulte humaine, il est toujours humain, et il est en puissance à l'âge adulte et en puissance à toutes les capacités posséder par l'adulte. En fait, une personne humaine qui est dans un coma est autant en puissance à la pensée rationnelle qu’un enfant humain qui n’a pas encore appris à réfléchir. Le terme actuellement, ou, en d'autres termes, être en acte fait référence au fait que, si quelque chose est A, alors il est en possession de, ou est actuellement dans un état ​​de, A. Alors, la graine est en puissance pour être un arbre, mais il est actuellement une graine. Un enfant est en puissance à l'âge adulte, mais il est actuellement un enfant. Avec ces concepts à l'esprit, la prémisse 2 n’est autre que l’affirmation qu'un être qui possède une forme rationnelle est soit actuellement dans l'acte de raisonnement (comme je suis en ce moment, et que le lecteur est en lisant ces mots), ou cet être n’est pas vraiment en train de raisonné à l'heure, mais ils sont en puissance à l'acte de raisonnement, comme une personne qui dort ou qui est dans un coma, ou comme un enfant âgé d'un an qui ne peuvent pas encore raisonné, ou comme la substance créée par la fécondation humaine.

Prémisse 3 est peut-être un point de friction; cependant, il semblerait suivre nécessairement la prémisse 2, et il est basé sur deux faits. Tout d'abord, si la substance qui est créée par la fécondation d'un ovule humain par un spermatozoïde humain n'est pas réellement capable de raisonner, alors il est en puissance à l'acte de raisonnement. Il s'agit d'une observation empirique basée sur le fait que, à moins que la substance qui est le résultat de la fécondation humaine meure prématurément, ou soit constituée par des matériels défectueux, il va, inévitablement, non seulement être capable de raisonner, mais passera la plupart de ses heures de veille impliqué dans une forme de raisonnement. Deuxièmement, basé sur notre définition de la puissance, s’il n'est pas actuellement en train de raisonner, mais est capable de raisonner, alors il est en puissance à la pensée rationnelle. Il peut y avoir un problème ici: pouvons-nous dire que quelque chose est en puissance à la rationalité parce qu'il a une forme rationnelle, ou devons-nous dire que quelque chose a une forme rationnelle parce qu'il est actuellement dans le processus de raisonnement, ou est en puissance à la pensée rationnelle? C'est une question intéressante. Pour le moment, de toute façon, je suis d'avis que lorsque nous disons que quelque chose a une forme rationnelle nous effectuons un acte de classement. Par conséquent, bien que la forme précède la rationalité dans la substance elle-même (métaphysiquement), l'observation de la rationalité (réellement ou seulement potentiellement) dans un sujet précède la catégorisation (épistémologique). Pour Aristote, la forme est dans la chose elle-même, et notre classification des choses dans leurs différents genres et espèces est un acte de l'intellect. Les choses sont ce qu'elles sont en raison de leur forme; nous savons qu'ils sont ce qu'ils sont en raison de l'abstraction intellectuelle de la forme intelligible lors de notre observation de la chose. Par conséquent, le problème ci-dessus n'est pas vraiment un problème; il apporte simplement la distinction que nous venons de faire. La réponse à ce dilemme ci-dessus est "oui".

Comme indiqué ci-dessus, la prémisse 4 fait suite à la prémisse 3 épistémologiquement parlant. Il semblerait que nous pourrions changer l'ordre de ces deux prémisses sans affecter, énormément, l'argument, si nous voudrions mettre l'accent plus sur la nature métaphysique de la substance en question que sure notre connaissance de sa nature.

Prémisse 5 est la conclusion des quatre premières prémisses, et si les quatre premières prémisses sont vraies, alors prémisse 5 semble suivre nécessairement. Maintenant, tout comme les prémisses suivantes semblent démontrer, si la prémisse 5 fait suite aux prémisses 1-4, alors nous sommes mis dans une situation désagréable en ce qui concerne l'avortement, à tous les stades de développement à partir de la fertilisation de l’œuf humaine par le spermatozoïde humain.

Prémisse 6 est une définition relativement simple du meurtre prémédité. Peut-être quelqu'un voudrait ajouter des nuances; cependant, je crois que cette définition donne un résumé approprié de ce qui est généralement considéré comme le meurtre prémédité. (Des exceptions ne sont que des exceptions. Ils n'enlèvent rien à l'observation générale.)

Prémisse 7 est présumée pour l'argument, mais il est un fait de la réalité moderne. Tous les jours (et je suis désolé si je sous-estimer le nombre) des milliers d'avortements sont effectués, à travers le monde entier ; et ceux-ci ont lieu à presque toutes les étapes du développement de la substance qui est causée par la fécondation humaine. Habituellement, de tuer la substance qui est causée par la fécondation humaine après la naissance est considérée comme un meurtre prémédité, et c’est traité comme tel, pourtant les médecins, les patients, les politiciens et les activistes, semblent être capable de trouver des raisons pour rationalisé le meurtre de la substance qui est causée par la fécondation humaine à n'importe quel stade de son développement jusqu’avant la naissance. Par conséquent, la prémisse 7 n'est pas vraiment sujet de débat.

Prémisse 8 est, tout simplement, la conclusion des prémisses 1-7. Logiquement, il semble suivre, et si j'ai réussi mon argument, alors cet argument est non seulement valide logiquement, mais les prémisses sont aussi vraies, et, par conséquent, la conclusion est également, et nécessairement, vrai.



[1]Je vais utiliser, autant que possible, le terme substance créé par la fécondation humaine pour faire référence à l'être qui est la fusion du spermatozoïde humain et de l'ovule humaine, plutôt que d’utiliser des termes qui sont moins moralement neutres, telle que: bébé humain, fœtus humain, etc. Ce ne sera pas satisfaisant pour ceux qui sont pro-vie militants, qui diraient, probablement, que je donne trop de terrain à ceux qui sont pro-choix militants. S'il vous plaît, pardonnez-moi pour cela. Si quelqu'un le désire, ils peuvent lire bébé, ou le fœtus humain dans ce texte, il ne changera pas l'effet de l'argument. Pour ceux qui ont l’esprit plus philosophique, le terme substance est, en effet, un terme très controversé. J'utilise ce terme dans le sens aristotélicien pour faire référence, plus ou moins, à la chose particulière (essence) existant réellement, ou, à un être qui est doté d'une certaine nature. On pourrait ajouter que la substance de X, dans le cas où X est un être qui est soumis au changement, est-ce qui nous permettre de dire que X à t1 est la même chose que X à t2, t3, t4 jusqu’à tn. C’est ce qui fait en sort que X est 1 X et un X. Je maintiens la plus de distance que possible de la définition lockéen de substance, c'est-à-dire, que la substance est le substrat inconnaissable d'une chose quelconque. Quand on voit un homme avec des cheveux bruns, qui est 6'6", marcher dans la rue, nous sommes immédiatement informés de ses accidents, mais cette prise de conscience n'est possible que si nous sommes à la fois conscients de sa substance, l'être qui possède les accidents et qui est doté d'une nature humaine.

[2]Je ne présuppose aucune affirmation or doctrine religieuse dans cet argument.

[3]Si on utilise la logique des prédicats pour symboliser cet argument, il va avoir l’aire comme ceci:

1. ∀x (Hx↔Rx)                        A 

2. ∀x (Rx ↔(Tx v Px)               A 

3. ∀x ((Kx & Hx) → Mx)           A 

4. Pf                                         PA 

5. Hf ↔ Rf                               1∀O 

6. Rf ↔(Tf v Pf)                       2∀O 

7. (Tf v Pf) → Rf                     6↔O 

8. Tf                                       PA 

9. Tf v Pf                                4vI 

10. Rf                                     7, 9→O 

11. Tf→Rf                              8-10vI 

12. Rf→Hf                              5↔O 

13. Hf                                    10,12→O 

14. Pf→Hf                              4-13→I 

15. Kf                                    PA 

16. (Kf & Hf)→Mf                   3∀O 

17. Kf & Hf                            13, 15&I 

18. Mf                                   16,17→O 

19. Kf→Mf                             15-18→I

Clé :
Hx = x est humain.
Rx = x possède une forme rationnelle.
Tx = x pense rationnellement actuellement.
Px = x est en puissance à la pensée rationnelle.
Kx = x est tué selon un plan prémédité.
Mx = x est la victime d'un assassiner prémédité.
f = la substance créée par la fécondation humaine.

Monday, June 30, 2014

DIEU ET LE PROBLÈME DU MAL

(An English version of this article can be found here.)

Introduction

Le problème du mal est un problème humain, et il est une des questions les plus difficiles à laquelle n'importe quel  penseur pourrait essayer de répondre, ou même tenter de régler. Pourquoi est-ce? Le problème du mal est une réalité que nous avons toute affaire avec, d'une manière ou d'une autre, parce que nous avons tous été touchés, d'une manière ou d'une autre, par le mal ou la souffrance. 

Aussi loin dans le passé que l'histoire humaine peut nous prendre, les humains ont lutté avec la douleur et la souffrance.[1] Certaines des cultures antiques les plus connues ont tenté d'expliquer le mal et la souffrance comme étant causées par les dieux. Ils disaient, "Si je vais bien, florissant, connaît un succès, c'est parce que les dieux sont heureux avec moi. Si je souffre, d'une maladie, ou l'échec, ou si je suis frappé par la «malchance» ou suis tué, c'est parce que, j’ai soit déplu aux dieux, ou quelqu'un a tourné les dieux contre moi."

Les premiers philosophes ont aussi essayé d'expliquer le problème du mal et de la souffrance. Pythagore a expliqué le mal par un dualisme divin. Un Bon Dieu est responsable de tout le bien dans le monde, et un dieu maléfique est responsable de tout le mal dans le monde. Les sophistes à l'époque de Platon et Socrate refuser l'objectivité de la vérité, et, si la vérité n'est pas objective, alors il n'y a pas une telle chose comme la bonté ou le mal. Pour Platon, et les néo-platoniciens à travers les siècles, le Bon est le principe ultime, quelque chose comme ce que les chrétiens appellent Dieu. Le mal ne pourrait provenir de ce qui est purement bon, donc il devait venir d'une autre source. La matière était proposée comme étant la source du mal et tous les maux que nous éprouvons proviennent de là. Notons, à ce stade, qu’il y avait une vision commune qui se développer dans l'esprit de ces cultures, ces religions et ces grands philosophes : que le mal ne pouvait pas venir de ce qui était parfaitement bien.

Épicure semble être le premier philosophe à douter de la bonté des dieux, ou de Dieu, sur la base de l'existence du mal. Pour Épicure l'existence du mal a démontré que soit que les dieux ne sont ni bon ni juste et qu'ils ne pouvaient pas nous aider, soit qu'ils n'existaient pas.[2]

Le bouddhisme, d'autre part, nie la réalité du mal. Prétendre que par le rejet de tous les désirs, nous pouvons atteindre un niveau plus élevé d'être dans lequel nous ne vivrons pas mal.[3]

Le fait que tant de cultures, de religions, et de philosophes, ont tenté d'expliquer la réalité du mal montre que ce n'est pas seulement un problème humain, mais l'un des problèmes humains les plus importants. Quand on s’approche du problème du mal que nous rendons compte, tous d'un coup, qu'il y a, dans un sens, deux problèmes du mal: il y a le problème du mal personnel et il y a le problème philosophique de mal. Maintenant, le problème philosophique du mal est inspiré par le problème personnel de mal, et est un peu plus facile de répondre. Nous allons examiner le problème philosophique de mal, cependant, je tiens à souligner que la réponse au problème philosophique du mal est aussi une réponse au problème personnel du mal, même s’il n’est pas, peut-être, la réponse que nous recherchons, ou que nous voulons entendre.

Le problème personnel du mal peut être illustré par un certain nombre d'exemples. Quand j'étais jeune, mon grand-père est mort d'un cancer du cerveau. Cet homme qui était en mesure de tout faire, tout d'un coup, n'était même pas capable de prendre soin de lui-même. Quand je poursuivais mes études de Maitrise en Philosophie en Caroline du Nord, un des hommes qui prenait des classes avec moi a perdu son fils de 6 ans à un cancer rare et incurable, et, dans la même année, la femme d'un de mes professeurs a perdu son bébé avant la naissance. Comment est-ce que des choses si horribles pourraient arriver à des gens, que je connais personnellement qui étaient aussi bons? Voilà le problème personnel de mal. Il y a des réponses pour les problèmes personnels du mal, mais quand nous souffrons ce n'est pas les réponses qui pleurent avec nous et nous montrent l'amour. C. S. Lewis, un philosophe et apologète chrétien, et un homme qui a aussi été victime de la souffrance gratuite (il n'était pas un homme qui voulait nécessairement se marier, mais il est tombé en amour avec une femme, plus tard dans la vie, et il l’a perdu à une maladie quelques années plus tard.), a écrit deux livres sur le problème du mal: The Problem of Pain, et A Grief Observed. Dans A Grief Observed il écrit ses sentiments et ses pensées lorsqu’il lutter avec la perte de son seul véritable amour. Il écrit les mots suivants: « Pendant ce temps, où est Dieu? C'est l'un des symptômes les plus dérangeants. Quand vous êtes heureux, si heureux que vous n'avez pas l’impression d’avoir besoin de lui, si heureux que vous êtes tentés de ressentir ses revendications sur vous comme une interruption, si vous vous rappelez de vous-même et revenez à Lui avec gratitude et de louange, vous serez – ou, du moins, il se sent ainsi - accueilli à bras ouverts. Mais aller à Lui quand votre besoin est désespéré, quand toute autre aide est vaine, et que trouvez-vous? Une porte fermée dans votre visage, et un son de barrures et doubles barrures à l'intérieur. Après cela, le silence. Vous être probablement mieux de partir. Plus vous attendez, plus profond le silence deviendra ... »[4] Voilà le problème personnel du mal.

Avant de commencer notre étude du problème du mal, je tiens à dire, pour moi, quelque chose que C. S. Lewis dit dans la préface de son livre The Problem of Pain. C. S. Lewis a demandé d'écrire le livre anonyme parce que, « si je devais dire ce que je pensais vraiment de la douleur, je serais obligé de faire des déclarations qui donnent l’apparence d’un si grand courage qu'ils deviendraient ridicules si quelqu'un savait qui les a faites. »[5]

Dans cet article, nous allons regarder le problème du mal et comment il a été utilisé pour nier l'existence de Dieu. Ensuite, nous allons examiner les affirmations de cet argument pour voir si le mal pose un problème véritable pour la réalité de Dieu. Enfin, nous allons examiner l'explication chrétienne de mal.


Le problème du mal et Dieu

Différentes versions de l'argument à partir du mal contre l’existence de Dieu peuvent être trouvés un peu partout, mais, je vais seulement expliquer les deux versions les plus importantes.

Tout d'abord, David Hume, dans ses Dialogues Concerning Natural Religion, pose le problème de la manière suivant, « Les vieilles questions d'Épicure sont encore sans réponse. Veut-il [Dieu] empêcher le mal, mais incapable? alors il est impuissant. Est-il capable, mais ne veut pas? alors il est malveillant. Est-il à la fois capable et voulant? D’où vient, alors, le mal? »[6]

Le problème du mal selon Hume pourrait être décortiqué de la manière suivante :

1.      Si Dieu est omnibienveillant, alors il veut empêcher le mal.
2.      Si Dieu est tout-puissant, alors il est en mesure de prévenir contre le mal.
3.      Il y a du mal dans le monde.
4.      Donc, soit que Dieu n'est pas tout-puissant, soit que Dieu n'est pas omnibienveillant, soit qu’il est ni l’un ni l’autre.

J. L. Mackie, dans un article intitulé Evil and Omnipotence, a expliqué le problème du mal dans ce qui est probablement la forme la plus puissante. Il commence, dans son article, en expliquant la forme la plus simple du problème, « Dieu est tout-puissant; Dieu est totalement bon; et pourtant le mal existe. Il semble y avoir une certaine contradiction entre ces trois propositions, de sorte que si deux d'entre eux devaient être vrais, alors la troisième serait fausse. »[7]

Maintenant, bien sûr, il n'y a pas de contradiction dans les trois prémisses présentées, et Mackie note ce fait. Il continue, cependant, en disant que pour trouver une contradiction, il faut ajouter quelques prémisses supplémentaires. « Ces principes supplémentaires sont que le bien est opposé au mal, de manière à ce qu'une bonne chose élimine toujours le mal dans la mesure du possible, et qu'il n'y a pas de limites à ce qu’une chose toute-puissante peut faire. De ceux-ci, il s'ensuit qu'une bonne chose omnipotente élimine complètement le mal, et il s’ensuit que les propositions qu’une bonne chose omnipotente existe et que le mal existe sont incompatibles. »[8]

Son argument pourrait être décortiqué de la manière suivante:

1.      Dieu est omnipotent.
2.      Dieu est bon.
3.      Une bonne chose élimine toujours le mal autant que possible.
4.      Il n'y a pas de limites à ce qu’une chose toute-puissante peut faire.
5.      Le mal existe.
6.      Alors, un Dieu qui est omnipotent et bon n’existe pas.

Les arguments de Mackie et Hume disent, tous les deux, essentiellement la même chose. Nous pouvons les résumer dans l'argument suivant. Nous allons, cependant, renforcer l'argument en ajoutant une prémisse supplémentaire.

1.      Dieu est censé être omnibienveillant et tout-puissant. (Un tel être serait assez puissant pour empêcher le mal, et tellement bon qu’il voudrait empêcher le mal.)
2.      Dieu est omniscient. (Un être omniscient saurait comment empêcher le mal.)
3.      Si un être qui est tout-puissant, omniscient et omnibienveillant existe, alors le mal ne peut pas exister.
4.      Il est évident que le mal existe dans le monde entier.
5.      Donc, un être tout-puissant, omniscient et omnibienveillant n'existe pas.

Il semblerait, alors, que la réalité du mal est toute la preuve qui est nécessaire pour démontrer que Dieu, telle qu'il est compris par la plupart des théistes, n'existe pas.


Est-ce qu’il y a vraiment un problème?

Dans un syllogisme déductif, lorsque l'argument est logiquement valide, et les prémisses sont vraies, la conclusion découle nécessairement. Afin de montrer que la conclusion est fausse, vous devez démontrer que les prémisses (au moins un) sont fausses. Si une prémisse est fausse, ou peut être rejetée pour une raison ou une autre, la conclusion ne suit pas.[9]

J’aimerais suggérer que la conclusion ne suit pas des prémisses parce que certains des termes principaux dans les prémisses sont mal expliqués ou mal définis.[10] La conclusion du problème du mal, ainsi présentée, est due à un certain nombre d'idées fausses et de présuppositions non examinées en rapport avec le mal, la bonté, l'omnipotence et Dieu.

Tout d'abord, on présume que le mal est une réalité positive dans le même sens qu’un chien, un arbre, ou vous est des réalités positive. Cette présomption est vue dans la première prémisse où nous prétendons que le mal existe. La première question que nous devons nous poser est: de quelle façon le mal existe, et comment cela affecte l'argument? Cela signifie que nous aurons besoin d'expliquer ce qu'est le mal « est ».

La deuxième prémisse cache, aussi, un certain nombre de présuppositions non examinées: (1) la bonté est une catégorie morale (2) d'être tout-puissant veut dire : être en mesure de faire n’importe quoi – c'est-à-dire, pas de limites; (3) Dieu peut être défini.

La troisième prémisse est basée sur la présomption que Mackie introduit qui prétend que le bon cherche toujours, de la meilleure façon possible, à éliminer le mal. De plus, cette troisième prémisse présuppose que Dieu est un être moral qui peut être jugé sur la base de ce qu'il fait ou permet de se produire. Dieu est, soi-disant, une être qui est moralement bon et tout-puissant, et, il nous semble, qui sommes des créatures morales avec une certaine idée de ce que la bonté morale est censé ressembler, qu’un être qui est moralement bon et tout puissant ne serait jamais capable de permettre le mal de se produire. Nous tenons nos normes de moralité au-dessus de Dieu et lui reproche pour avoir permis le mal de se passer. Il semble évident que tout être qui permettrait à un garçon de 6 ans de mourir d'un cancer incurable, quand cet être avait le pouvoir d’empêcher ce genre de situation, ne pouvait pas être moralement bon.

Je tiens à contester chacune de ces présomptions.[11] Pour ce faire, nous devons commencer par reconnaître que nous ne connaissons pas Dieu aussi bien que nous pensons le connaître, ou que nous aimerions le connaître. Le problème du mal, comme il est avancé dans sa forme la plus puissante, descend Dieu à notre niveau. Brian Davies note que « Si vous pensez que le mal rend l'existence de Dieu impossible ou peu probable, vous devez sans doute penser que vous avez une assez bonne compréhension de ce que Dieu est. »[12]

            La première étape de notre discussion de Dieu et le problème du mal est de démontrer qu'un tel être existe. Donc, nous allons commencer par démontrer que Dieu existe, et ensuite, sur la base de cette démonstration, nous allons considérer les attributs de Dieu qui sont les plus importants pour le problème du mal. Fur et à mesure que nous nous avançons dans les points suivants, nous allons démontrer que chacune des présomptions mentionnées ci-dessus sont fausse, et, par conséquent, qu'il n'y a pas de contradiction entre le fait du mal et la réalité de Dieu. Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique, commence par le fait du changement et démontre que Dieu existe.[13] Son argument ressemble à ceci:

1.      Il y a des choses dans le monde qui changent.
2.      Ce qui change est changé par un autre.
3.      Si ce qui provoque un changement dans un autre est lui-même changé, alors il est, lui-même, changé par un autre. Si cet autre est aussi l'objet de changements, alors il est, lui aussi, également changé par un autre, et ainsi de suite.
4.      Une régression actuelle à l’infini des changeurs changés est impossible.
5.      Il est, donc, nécessaire qu'il existe un premier changeur qui n’est pas changé par un autre (un premier moteur immobile).
6.      C'est ce que tous les hommes prennent pour Dieu.[14]

Ce premier moteur, Dieu, est immuable. Le changement est le mouvement d'un être qui est actuel (qui existe ou est en acte) de son état actuel de l'être à un autre état d'être qui est seulement possible lorsque l’être était dans le premier l'état, et ceci par addition ou privation. C'est le fait de rendre actuel ce qui n’était que potentiel. Un être est immuable lorsqu'elle est pure actualité, ce qui signifie qu'il n'a pas, en elle, de potentiel non actualisé. Il n'est pas dans un état de devenir, il est tout simplement. Être actuel, cependant, est ce que signifie être parfait. Ce qui est parfait ne manque rien de ce qu'il devrait être. Un être qui est acte pur ne manque rien, donc, ce moteur immobile, Dieu est parfait.

Maintenant, la bonté, ce qui est bon, est un terme analogue que l'on comprendre toujours en rapport avec l'être auquel il est appliqué. Par exemple, quand nous disons que « c'est un bon chien », nous ne disons pas la même chose que lorsque nous disons, « c’est un bon steak », ou « c'est un bon couteau ». Un bon couteau est coupant et tient son tranchant pendant une longue période. Un bon chien n'est pas coupant, il n'a pas de pointe, et on ne l’utilise pas pour couper un bon steak. Alors, bon, appliqué à des chiens, des couteaux, et tout le reste ressortent des différents aspects de ces différentes choses. Toutefois, le bien est un terme analogue parce que quand nous disons « c'est un bon chien », et « c'est un bon couteau », nous voyons quelque chose dans les deux qui est semblable. Une bonne chose est ce qui est désirable pour elle-même, et non comme un moyen pour quelque chose d'autre. Maintenant, une chose est désirable dans la mesure où elle est parfaite, ne manquant de rien de ce qu'elle devrait être. Par exemple, plus qu'un couteau est parfait, plus qu’il est désirable. Donc, la plus qu'une chose est parfaite, la plus qu'elle est bonne (de la même manière que la perfection est en degrés, la bonté est également en degrés). Maintenant, comme nous l'avons déjà vu, le premier moteur est acte pur et absolument parfait; par conséquent, le premier moteur est absolument bon. Par conséquent, tout ce que Dieu est, et fait, est bon, ne manquant de rien de ce qu’il doit être et faire.

Remarquez, ce n'est pas un jugement moral. La bonne, cependant, quand il s'agit de l'homme, est un jugement moral. Nous savons que les humains sont, par nature, des animaux rationnels, donc quand nous voyons un agent humain agir selon ce qui est raisonnable (ou rationnelle) nous disons qu'il est bon ; et cette déclaration est un jugement moral. Nous ne savons pas (dans le sens le plus précis du terme connaissance) ce que la nature de Dieu est (Jean, dans sa première épître, est très clair que personne n'a jamais vu Dieu.), donc, même si nous pouvons démontrer que Dieu est bon, nous ne pouvons pas savoir exactement ce que cela signifie quand nous disons que Dieu est bon. Nous savons que Dieu, étant absolument et totalement bien, est plus désirable que toute autre chose. Par conséquent, il est impossible de dire de Dieu, « Étant donné qu’il est bon, alors, il ne voudrait pas permettre le mal. » C'est une présomption illégitime qui descend Dieu en pour le rendre comme les humains, et le soumettre à des standards humains. Par conséquent, nous ne pouvons pas simplement supposer qu'un être omnibienveillant ne permettrait pas du mal. Si ce n'est pas une présomption valable, alors l'argument s'écroule.

Pour en revenir à l'argument qui démontre que Dieu existe, nous nous rappelons que Dieu est acte pur, et en tant que tel, qu'il est parfait et bon. Maintenant, le pouvoir peut être compris dans au moins deux façons: puissance active et puissance passive. Puissance passive est le pouvoir, ou potentiel, d'être changé par un autre. Dieu, comme nous l'avons noté, est acte pur, par conséquent, il n'y a pas de puissance passive en Dieu (c'est-à-dire, Dieu est immuable et impassible). Cependant, tout ce qui est en acte possède la puissance active dans la mesure où il est en acte. Dieu, qui est acte pur, est, par conséquent, puissant au plus haut degré – c'est-à-dire, il est tout-puissant. Quand nous disons que Dieu est tout-puissant, nous disons que Dieu est capable de faire toutes les choses qui sont possibles de le faire (ou, toutes les choses qui peuvent être fait). Tout ce qui peut être provoqué peut être provoqué par Dieu. Négativement, cela signifie que tout ce qui est absolument impossible, comme faire quelque chose qui est logiquement contradictoire, ne peut pas être réalisé. Maintenant, de la même manière que de commettre une mauvaise action n'est pas considérée comme une puissance positive, mais plutôt, comme un manque de puissance, ou, de la même manière que l'incapacité à résister à la tentation de faire le mal n’est pas considérée comme une puissance positive, aussi, ce n'est ni un manque, ni une limite, de dire que Dieu ne peut pas faire tout ce qui est logiquement contradictoire ou absolument impossible. Il semble, donc, évident que si nous disons qu'il n'y a pas de limites à la puissance de Dieu, cela ne signifie pas qu’il peut faire strictement tout. Il y a certaines choses que Dieu ne peut pas faire, non parce que Dieu manque de pouvoir, mais parce que ces choses ne peuvent pas être réalisées. Cela démontre, donc, que la deuxième prémisse de Mackie est aussi fausse, et sert comme deuxième réfutation de l'argument du mal contre l’existence de Dieu.

Maintenant que nous avons démontré que Dieu existe, et défini ce que cela signifie quand nous disons que Dieu est tout-puissant et bon, il devrait être évident que les présomptions sur lesquelles repose l'argument contre Dieu, à partir du mal, sont fausses, et que la conclusion, par conséquent, ne suit pas. De plus, nous avons un argument positif, basé sur la réalité du changement dans le monde, qui démontre, de manière positive, que Dieu existe. En effet, Peter Kreeft, un philosophe américain, dit dans son livre Making Sense out of suffering, « il se peut qu’il y ait un très bon argument contre Dieu – le mal -, mais il y a beaucoup plus de bons arguments pour Dieu. En fait, il y a au moins quinze arguments différents pour Dieu. »[15] Comme nous l'avons déjà vu, l'argument du mal, ce n’est pas vraiment aussi bon qu'on nous dise. Nous n'avons pas, cependant, présenté une explication du mal. Le mal ne peut pas prouver que Dieu ne peut pas exister, mais, alors, comment pouvons-nous expliquer le mal? Notre dernier point, l'explication chrétienne du mal, découle naturellement de ce que nous venons de dire, et il mettra le dernier clou dans le cercueil du problème du mal.


L'explication chrétienne du Mal

Comme nous l'avons vu dans la section précédente, la bonne a été définie comme ce qui est désirable en elle-même, et nous avons constaté que quelque chose est bon lorsqu’il est parfait. Plus une chose est parfaite, en parfaite possession de sa nature - ne manquant de rien qu'il est censé être, plus il est désirable, et donc, plus il est bon. Le mal, alors, devrait être défini comme un manque de perfection, ou un manque d'être. Le mal, autrement dit, est une privation de l'être. Donc, une chose est bonne dans la mesure qu'il existe et à dans le mesure qu’elle est parfaite, et le mal est ce qui manque. Le mal, par conséquent, n’a pas de l'être, ou l'existence, en elle-même; le mal n'a pas l’existence positive. Le mal ne peut être trouvé que dans quelque chose qui existe, dans une chose qui est bonne. Le mal est comme un parasite, il ne peut exister qu’avec un hôte. Comme la rouille sur une voiture, s’il n'y a pas de voiture, alors il n'y a même pas la possibilité de rouille. Par conséquent, à chaque fois, et partout où, nous trouvons quelque chose qui ne possède pas parfaitement sa nature, nous allons trouver du mal. Par exemple, un acte humain, comme manger, est bon dans la mesure qu'elle atteint son but - la nutrition du corps humain; mais ce même acte est mal lorsqu’elle manque ce but (comme, par exemple, lorsqu’une personne fait la gourmandise, ou mange quelque chose qui va le tuer). Parler est un bon acte humain, mais le but de parler, en général, est de communiquer la vérité, donc, de mentir est mal, car elle ne permet pas d'atteindre le but de l'acte humain, le mensonge rate le but de la saine communication humaine.

On voit donc que la quatrième prémisse, telle qu'elle est, est en besoin de précision, et, à cause de ceci, est fausse. Il y a du mal dans le monde, mais seulement parce qu’il y a un monde. Cette dernière phrase a besoin d’une explication. Certains philosophes (par exemple, Leibniz, Alvin Plantinga[16]) ont avancé l’idée que ce monde est le meilleur des mondes possibles - que Dieu n'aurait pas pu créer un monde meilleur. Cette déclaration est très discutable, mais ce n'est pas la déclaration que je fais.

Tout d'abord, il convient de noter que, d’être créé, est d'être finie, ou, autrement dit, d’être limitée dans sa nature. Il est impossible de créer un être infini étant donné que « d’être créé » et « d’être infini » sont des états de l'être qui s'excluent mutuellement.

Deuxièmement, tout être fini est limité de différentes manières. Les roches ont plus de limitations que les plantes, qui ont plus de limitations que les animaux, qui sont plus limitées que les humains, etc.[17] Les humains sont limités à bien des égards, mais il est important de noter que nous sommes limités en ce que nous ne possédons pas toutes connaissances, tout pouvoir, ou la bonté absolue. Il semble, donc, que pour être capable de créer quoi que ce soit, il serait nécessaire de prévoir la possibilité du mal. Nous pourrions démontrer ce point avec plusieurs exemples. Premièrement, il semblerait insensé de dire que ce monde est le meilleur monde possible, parce que, il semble que Dieu aurait pu faire un meilleur monde en créant un bon chien de plus. De plus, comme de nombreux philosophes ont noté, il semble comme une contradiction des termes évidente de créer une créature libre qui choisit toujours de faire ce qui est juste et bien. Le fait que nous avons le libre arbitre, et que nous pouvons choisir ce qui est bon, semble bien indiquer que nous pouvons aussi choisir ce qui est mal. Finalement, dans tous les mondes possibles, le bonheur d'un être, par exemple, un parasite, va, nécessairement, empiéter sur le bonheur d'un autre être et empêcher ce deuxième de s’épanouir totalement ; comme, par exemple, un être humain qui aurait était infecté avec des parasites à travers l'eau contaminée. Même si tous les animaux et créatures du monde étaient végétariens, les pauvres plantes seraient brimées dans leur épanouissement par tous les autres êtres qui les mangent.

Il n’y a pas, donc, un problème du Mal. Le bon peut exister sans le mal, tel que Dieu existant sans la création ; mais le mal ne peut pas « exister » sans le bon. En tant que tel, le fait que le mal « existe » n'est pas, en aucune façon, la preuve que Dieu n'existe pas. Au contraire, le fait que le mal existe semble être une preuve que Dieu doit exister. Si Dieu n'existait pas, alors rien ne pourrait exister, et s’il n’y avait rien qui existait, alors le mal n’existerait pas non plus.[18] Maintenant, n'importe qui qui va essayer de ramener la réalité du mal comme preuve de la non-existence du Dieu chrétien doit, nécessairement, considérer l'explication chrétienne de mal, d'où il vient, et comment Dieu le traite.

Genèse, le premier livre de la Bible chrétienne, nous dit que le mal est entré dans le monde, principalement en raison du libre arbitre des premiers humains - Un libre choix de se rebeller contre la seule loi que Dieu avait explicitement indiquée.[19] Selon la Bible, il est principalement dû à la volonté libre et la chute de l'humanité que les maux naturel et moral existent dans le monde.[20] Maintenant, le mal naturel est une souffrance qui est causée lorsque le bien d'une créature brime l'épanouissement d'une autre créature. Des exemples des maux naturels sont: les décès ou les blessures causées par les tremblements de terre, tornades, éruptions volcaniques, des virus ou d'autres maladies, ou du fait qu’un animal se nourris avec un autre. Des maux moraux sont le résultat du libre arbitre, ils se produisent quand les humains agissent de façon immorale. Le mal moral inclut non seulement les résultats immédiats des actions humaines immoraux, mais aussi les résultats futurs de ces mêmes actions. Des exemples de maux moraux sont: assassiner, le viol, l'abus de substances, le vol, la destruction de l’environnement terrestre, et bien d'autres actions humaines qui ont non seulement un effet immédiat, mais aussi, dans bien des cas, qui affectent les familles de ceux qui sont touchés par ces mauvais actes pendant des nombreuses générations. Chaque mal tombe dans l'une de ces deux types de mal: naturelles ou morales. Dans la théologie chrétienne, ces deux types de mal sont directement liés au libre arbitre de l’homme, et la chute dans le péché.

Dieu, cependant, ne s'est pas contenté de condamner l'humanité au jugement éternel, et il n'a pas décidé de nous laisser tranquilles pour que nous vivions nos vies dans la misère. Dieu a promis, dès le début, de vaincre le mal. Le premier endroit où nous trouvons cette promesse est en Genèse 3:15, où Dieu prédit la défaite du tentateur par la descendance d'Ève. Cette promesse a vu son accomplissement quand Dieu, la deuxième personne de la trinité - Jésus, a pris sur lui la chair humaine et a vécu une vie humaine. Il a connu les maux que nous, comme humaine, expérience, sans commettre aucun mal lui-même. Malgré le fait qu’il était, lui-même, un homme parfait, il a enduré les mêmes maux que sont si choquant et détestable pour nous. Il était parfait, et il a traité tous les êtres humains de façon égale, les hommes et les femmes, mais, en dépit de sa bonté (peut-être à cause de cela), il a été rejeté, battu, ridiculisé, torturé, violemment séparé de sa mère terrestre, méprisée et rejetée par ses frères terrestres, et la pire de tout, rejeté et écrasé par son père céleste. N'ayant pas en lui-même aucun péché, il a porté les péchés de l'humanité, et il a subi la colère de Dieu pour nos péchés. La solution divine pour le problème du mal, à la fois moral et naturel, n'était pas, de ne jamais créer, mais de souffrir avec nous, et de porter la condamnation pour nos péchés afin que nous n’ayons pas à le porter nous-mêmes. La solution de Dieu pour le problème du mal est Jésus sur la croix.




[1]Sur l’histoire du problème du mal, dès les premières explications que nous retrouvons dans l’histoire jusqu’aux débuts des années 1900, voit le livre de A. D. Sertillanges, Le Problème du Mal : L’Histoire (Paris : Éditions Montaigne, 1948).

[2]Cf. Sertillanges, 98-101.

[3]Cf. Ibid., 70-71.

[4]C. S. Lewis, A Grief Observed (1961, repr, New York:. Harper Collins Livres, 2000), 5-6. Traduction le mien. En Anglais, “Meanwhile, where is God? This is one of the most disquieting symptoms. When you are happy, so happy that you have no sense of needing Him, so happy that you are tempted to feel His claims upon you as an interruption, if you remember yourself and turn to Him with gratitude and praise, you will be – or so it feels – welcomed with open arms. But go to Him when your need is desperate, when all other help is vain, and what do you find? A door slammed in your face, and a sound of bolting and double bolting on the inside. After that, silence. You may as well turn away. The longer you wait, the more emphatic the silence will become...”

[5]C. S. Lewis, The Problem of Pain (1940; repr, New York: Harper Collins, 2000.), xi. Traduction le mien. En Anglais on lit, “if I were to say what I really thought about pain, I should be forced to make statements of such apparent fortitude that they would become ridiculous if anyone knew who made them.”

[6]David Hume, “Dialogues Concerning Natural Religion,” in Modern and Contemporary, vol. 2 of Classics of Philosophy, ed. Louis P. Pojman (New York: Oxford University Press, 1997), 757.

[7]J. L. Mackie, “Evil and Omnipotence,” in Mind, New Series, vol. 64, no. 254 (Apr., 1955), 200. Traduction le mien. En Anglais on lit, “God is omnipotent; God is wholly good; and yet evil exists. There seems to be some contradiction between these three propositions, so that if any two of them were true the third would be false.”

[8]Ibid., 201. Traduction le mien. En Anglais on lit, “These additional principles are that good is opposed to evil, in such a way that a good thing always eliminates evil as far as it can, and that there are no limits to what an omnipotent thing can do. From these it follows that a good omnipotent thing eliminates evil completely, and then the propositions that a good omnipotent thing exists and that evil exists are incompatible.”

[9]On pourrait toujours accepter la conclusion de l'argument, comme certains théologiens modernes semblent faire, et d’affirmer, tout simplement, que le Dieu chrétien n’est pas omniscient. Par conséquent, il serait tout aussi surpris que nous sommes quand le mal nous arrive; mais, étant tout-puissant et totalement bon, il est capable de ressortir le bien du mal. Cf. Gregory A. Boyd, God of the Possible (2000; repr., Grand Rapids, MI: Baker Books, 2008).

[10]Il est intéressant de noter que Mackie avoue que l’explication que je suis sur le point de donner ne tombe pas en proie au problème du mal comme il l'explique. Cf. Mackie, 201-2.

[11]La façon que je propose est la meilleure manière de répondre au problème du mal est essentiellement la même que celle que Brian Davies présente dans son livre The Reality of God and the Problem of Evil (London: Continuum, 2006), et sa manière d’aborder la question m’a beaucoup inspirer.

[12]Brian Davies, The Reality of God and the Problem of Evil (London: Continuum, 2006), 58. Traduction le mien. En Anglais on lit, “If you think that evil renders God’s existence impossible or unlikely, you must presumably take yourself to have a fairly good understanding of what God is.”

[13]Thomas d’Aquin, Dieu, vol. 1 de Somme Théologique, trad. A. D. Sertillanges (Paris : Desclée & Cie, 1925), 1 :76-78.

[14][14]J’ai déjà abordé cet argument, en plus de détail, dans d’autres articles. Voit ici, ici, ici, et ici.

[15]Peter Kreeft, Making Sense Out of Suffering (Ann Arbor, MI: Servant Books, 1986), 30. Traduction le mien. En Anglais on lit, “there may be one very good argument against God – evil – but there are many more good arguments for God. In fact, there are at least fifteen different arguments for God.”

[16]Alvin Plantinga, God, Freedom, and Evil (1974; repr., Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans, 1977).

[17]Thomas d’Aquin, et Aristote, mets beaucoup d'accent sur ​​la hiérarchie de l'être qui se manifeste dans notre univers créé. Thomas affirme que Dieu, en créant l'univers n'aurait pas pu se révèle entièrement dans une seule créature (que cette créature aurait dû être infini pour, toute seule, manifesté la grandeur de Dieu, ce qui est une contradiction des termes). La seule façon que Dieu pourrait, vraiment, se révéler dans la création serait de créer une hiérarchie de l'être qui illustre, ou qui peintre, la grandeur de sa diversité et unité. Cf. Etienne Gilson, The Philosophy of St. Thomas Aquinas, 3rd ed., trans. Edward Bullough (New York: Dorset Press, 1945), 153-55.

[18]En outre, comme certains philosophes l'ont noté, le fait même que nous sommes en mesure de distinguer entre ce qui est mal et ce qui est bon implique qu'il existe un certain standard auquel nous comparons les bonnes choses et les mauvaises choses que nous trouvons dans notre univers. Cette norme de bonté, certains ont fait valoir, est Dieu. Cf. C. S. Lewis, “Right and Wrong as a Clue to the Meaning of the Universe”, in Broadcast Talks, 9-33 (1941; repr., London: Geoffrey Bles, 1951). C. S. Lewis, Mere Christianity (1952; repr., London: Fontana Books, 1956).

[19]Après avoir écrit cet article, je suis tombé sur un livre qui parle de cette doctrine chrétienne comme étant un aspect important de l’explication chrétienne du problème du mal. Voit, William A. Dembski, The End of Christianity: Finding a Good God in an Evil World (Nashville, TN: B&H Academic, 2009).

[20]Cf.. Gén. 2-3, Rom. 8:18-23. C’est intéressant à noter que Alvin Plantinga présente le fait que selon la théologie chrétienne c’est tout à fait possible qu’il y ait plusieurs maux naturels qui sont causés par le libre arbitre des êtres supérieurs – c'est-à-dire, des anges déchus. Cf. Plantinga, 61-62.